28 mars 2011

Piranha 3D d'Alexandre Aja - 2010

Piranha_3D_quelle_celebrite_voulez_vous_voir_se_faire_devorer_dans_la_suite_image_article_paysage_newA priori, un film auquel on ne peut rien reprocher au niveau de la vraisemblance. Dans un esprit proche des documentaires à la Rosselini, Aja nous narre une histoire qu'on soupçonne être vraie : une faille préhistorique se rouvre sous l'eau, libérant des piranhas monstrueux qui vont décimer une horde d'ados qui font la fête au bord d'un lac. Mais une policière, aidée de son fils engagé par un réalisateur porno, va mettre fin aux agissements condamnables de cette faune, non sans qu'on en soit passé auparavant par de nombreux étripages, corps coupés en deux et autres énucléations opérés par les poissons. On y croit, et la précision très fine du jeu des comédiens, associée au souci de véracité scientifique (on compare ces piranhas avec une roche préhistorique, comme quoi) et à la fulgurance des dialogues ("diiiiiie, you f***ing fishes", suggère avec talent Ving Rhames en renouvelant la recette de la bouillabaisse à l'aide d'une hélice de bateau) font de ce film un intéressant succédané aux oeuvres d'un Depardon, par exemple. On y croit, et on est étonné par l'intelligence et la profondeur des personnages : Jerry O'Connell, par exemple, dans une splendide création de personnage à la Al Pacino, a en charge une très belle dernière phrase avant de mourir ("Wet tee-shirt, wet tee-shirt"), qui prolonge merveilleusement son rôle de pornocrate et lui donne une tendresse inattendue. Les figurantes, également, donnent l'exemple non seulement de tours de poitrines qu'on imagine dopés par la 3D (j'ai malheureusement vu le film en 2D, ce qui m'a empêché d'apprécier à sa juste valeur cette plastique, tout comme la subtile idée de la bite qui flotte avant d'être avalée puis recrachée par un piranha, ou le poétique plan de la fille qui vomit sur la caméra), mais également d'un éventail de cris porcins qui collent bien avec la situation (être démembrée par des poissons).

piranha_3d_de_alexandre_aja_7265073tjgeqOn peut certes reprocher à Aja un certain manichéisme : les personnages des piranhas, par exemple, sont traités un peu d'un bloc, et ont peu de place pour exprimer la tendresse ou même une nuance dans leur voracité. On peut regretter aussi que Aja se montre aussi peu disert sur les fesses et poitrines de son casting féminin : à part les 96 scènes consacrées uniquement aux filles à poil, on a peu l'occasion, dans les 6 minutes restantes, de contempler du cul. Dommage, car ses actrices ont bien du talent pour s'exprimer avec leur anatomie ; de même que la partie masculine, à laquelle le scénario confie la partie bière et éructations, met en valeur la critique sociale d'un film qui cache derrière des airs de crétinerie arriérée un fulgurant discours sur la différence des sexes (surtout concernant leur longueur). On est également en droit d'y voir un portrait sensible de la communauté face au danger : quand des poissons attaquent (ce qui, vous le reconnaîtrez, peut arriver), comment se comporte l'Homme, entre la fuite en bateau au milieu des nageurs (et les fatales morts brutales qui en résultent) et les filles qui s'en déshabillent de peur (réaction peu banale mais qui, vous le reconnaîtrez, peut arriver) ? Ah oui : on aperçoit aussi Richard Dreyfuss. Reste à espérer que la suite de ce film développera un peu plus une piste intéressante mais pas assez creusée dans cet opus-là : les piranhas vont-ils grandir encore ? et peut-on réellement creuser une faille préhistorique avec une cannette de bière ?

Posté par Shangols à 13:26 - - Commentaires [13] - Permalien [#]



Commentaires sur Piranha 3D d'Alexandre Aja - 2010

    Ahah, super critique.
    Vous avez kiffé le corpus de Kelly Brook ?

    Posté par Skuncha, 28 mars 2011 à 13:58 | | Répondre
  • 95D

    Je pense que le vrai corpus de la donzelle repose depuis longtemps dans la benne à ordure d'une riche clinique hollywoodienne. Mais si vous voulez parler des formes de synthèse que les chirurgiens lui ont façonnées, oui, j'avoue qu'elle correspondent aux normes établies. Les piranhas lui ayant grignotté les seins lors de la scène finale, je pense qu'ils ont dû avoir quelques gazs durant les heures suivantes.

    Posté par Gols, 28 mars 2011 à 16:32 | | Répondre
  • Ah non, je suis la carrière de la dame depuis quelques temps. Et elle est 100% naturelle, soyez en sûr.^^ Après il est vrai qu'elle le travaille au quotidien et que son visage est critiquable quant à lui.

    Posté par Mel, 28 mars 2011 à 17:09 | | Répondre
  • Très bon papier, bravo. Vraiment drôle.

    Quant aux coms, on appréciera la courtoise (et beaucoup moins drôle) notion de "critiquable" d'un visage...

    Posté par mariaque, 28 mars 2011 à 18:47 | | Répondre
  • Pire nanard 3D

    "Mais une policière, aidée de son fils engagé par un réalisateur porno". Il me semble que c'est un réalisateur de films érotiques, détail ethnographique important - il me semble -.

    Posté par zinjero, 28 mars 2011 à 18:55 | | Répondre
  • Mel > Dont acte, dont acte : je tiens ici à m'excuser auprès de Kelly Brook (dont vous m'apprenez qu'elle a une "carrière") pour mon commentaire insultant à l'encontre de ses galbes joliment modelés par Mère Nature, donc. Je n'ose imaginer comment on peut "travailler au quotidien" son côté bonnasse, mais je vous fais confiance. Son visage est une horreur, vous avez bien raison d'en critiquer les défauts évidents (trop d'yeux, à mon avis).
    Mariaque > Merci bien, et pour l'amour de Dieu ne vous énervez pas contre Mel, qui mérite tout notre respect pour ses efforts à suivre la carrière de Kelly Brook.
    Zinjero > Ah oui, autant pour moi. Je viens de revoir le film (nan, je déconne), et il s'agit bien d'un réalisateur de films érotiques. Du coup, je compends mieux le jeu nuancé de Jerry Wet Tee-Shirt O'Connell.

    Posté par Gols, 28 mars 2011 à 19:21 | | Répondre
  • Ahah j'aime bien ta réponse Gols !

    Posté par Skuncha, 28 mars 2011 à 19:22 | | Répondre
  • parfait bout de viande

    je vous trouve rudes!!!

    J'employais le mot "carrière" un peu comme ca, évidemment c'est pas une grande actrice,ej sais bien!^^
    Et je disais "travailler au quotidien" dans le sens: elle fait bcp d'exercices et entretient son corps avec soin, et ça se voit. C'est une vraie pin-up !!^^
    Comme son corps est son outil de travail, son œuvre en fait,on peut le critiquer, on peut en parler comme un vulgaire bout de viande, c'est ce qu'elle est, et pour moi son visage est un peu moins parfait que le reste, voilà tout !!

    Posté par Mel, 28 mars 2011 à 19:42 | | Répondre
  • Muet 3 D?

    Moi qui me casse la binette à voir des films qu'on ne peut regarder qu'image par image sur une vieille machine chinoise et vous voilà tous lancés sur une discussion ultra passionnante sur Aja - y'a po de justice - merci Mel pour ces mots si poétiques pour parler des femmes, peuvent po comprendre, les autres piranhas... Hum.

    Posté par shang, 28 mars 2011 à 19:57 | | Répondre
  • Pin-up, pine down.

    Mel, je plaisantais ! Merci pour ce dernier commentaire (qui ne rajoutera peut-être pas beaucoup à votre gloire, aïe aïe aïe). Vous avez droit d'aimer tous les bouts de viande que vous voulez ! Et même le steak hâché, donc, puisque votre amie Kelly termine assez loin de son intégrité physique complète.

    Posté par Gols, 28 mars 2011 à 20:00 | | Répondre
  • Shang > Ouais, c'est pas désolant, ça ? Rien sur tous les Borzage que tu as vus en sous-titres coréens, et 200 commentaires sur Piranha 3D. Allez, amis lecteurs, un effort : cliquez sur "Odyssée Borzage", là, à droite, et laissez vos commentaires sur la plastique de Juliet Gaynor ! Il en va de la vie de Shangols !

    Posté par Gols, 28 mars 2011 à 20:02 | | Répondre
  • je suis sérieux.

    Posté par Mel, 28 mars 2011 à 20:23 | | Répondre
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