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Voilà ce qu'on pourrait être en droit d'appeler un film particulièrement lourdingue qui n'a pas volé lui non plus son Oscar en plomb... Non parce que franchement, de vous à moi, la vengeance c'est mal (même si parfois, c'est vrai, on peut être tenté : imagine, il y a Hitler qui coupe, juste devant tes yeux, la tête de tes trois enfants, que fais-tu ? Tu le pardonnes en souriant ou tu as envie de l'éventrer ? Ah oui tu vois, c'est un choix parfois pas toujours évident évident), et le pardon c'est quand même, au final, vachement mieux. Ecoute Suzanne, franchement, tu m'aurais dit cela d'entrée de jeu, on se serait fait la bise, on serait parti chacun de son côté, bons amis, et je n'aurais point eu à perdre deux longues heures... Derrière ses petites allures d'oeuvre "psychologisante" à mort, le film s'avère n'être, en fait, qu'une bonne vieille démonstration moralisatrice avec gros sabots en bois.

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D'une part, Bier n'y va pas de main morte dans les bons vieux gros clichés : le gentil docteur blanc qui va en Afrique pour sauver les gentils petits noirs et pis il est tellement humain et bon esprit qu'il sauve même les gros méchants borgnes qui éventrent les petites filles - ah ? - oui bon, un jour il craque et laisse le type se faire démembrer par la population, ça va, faut po pousser non plus, y'a des limites dans la gentillesse... ; le pauvre petit jeune qui a perdu sa moman d'un cancer et qui en veut achement à son popa et qui va devenir une vraie teigne - péter la gueule à un camarade qui frappe les autres, franchement, pourquoi pas (je ne dis pas que c'est bien, hein, mais bon, si l'autre ça le calme, ben tiens, pourquoi se priver, bah c'est sûr ; mettre une grosse bombe sous la bagnole d'un type po gentil et raciste, faudrait quand même voir à pas trop jouer avec le feu quand même... ouh là là...). D'autre part, histoire de lier le fond et la forme (...), la cinéaste nous sert de bien jolies images très lisses tout en se permettant parfois, faut reconnaître, deux trois petites "gâteries" ultra sanglantes (l'intérêt de montrer un gamin totalement éventré ? Pour nous émouvoir en finesse ? Nous faire vomir notre petit dèj...? Nan honnêtement, dites-moi...), sûrement pour nous montrer que la vie, parfois, c'est aussi rudement violent... Bien trop long d'une bonne demi-heure (voire d'une heure et demie), on s'achemine laborieusement vers un dénouement ultra bon enfant (Ribery, Gourcuff, serrez-vous la main comme deux bon vieux Télétubbies, embrassez-vous, faites-nous rêver avec un merveilleux happy end et une passe décisive... De qui se moque-t-on à la fin ?...) qui m'a laissé absolument pantois (tout ça pour ça, ben dis donc...). Demain, promis juré, j'arrête la bier.

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