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Après trois excellentes surprises (Sapphire, All Night long, Victim), je me faisais une joie de découvrir l'une des oeuvres les plus "célèbres" (c'est forcément relatif) de Basil Dearden ; eh ben voilà, c'est toujours quand on place la barre trop haut qu'on finit par être un poil déçu. Attention, The League of Gentleman, genre de Ocean 11 (ou plutôt Ocean 8) british in the late fifties, demeure tout à fait enjoyable à regarder. Mais par rapport à mon "excitation" du départ, c'est finalement un peu maigre... Pourtant le film commençait sous les meilleurs auspices avec cet homme habillé de façon ultra smart sortant des égouts : il y avait là un chtit côté incongru des plus prometteurs qui se poursuivait par l'envoi de sept lettres "énigmatiques" (contenant chacune un livre, un billet coupé en deux et un message fixant un rendez-vous) à sept hommes qui n'avaient apparemment rien en commun - à part de petits soucis financiers mais qui n'en a point, hein ?... Ils se rendent tous à ce curieux rendez-vous en étant, au départ, on ne peut plus dubitatifs sur la proposition que leur fait cet étrange Mr Hyde : réaliser le casse du siècle. Mais notre Hyde saura rapidement les convaincre... On se pourlèche les babines d'avance en se disant qu'on risque d'assister au hold-up le plus audacieux qu'on ait jamais vu, un espoir qui partira malheureusement, il faut l'admettre, un peu en fumée...

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Dearden prend tout son temps pour nous présenter ces sept hommes et leurs petits tracas au quotidien. Le problème de cette longue phase d'introduction un peu systématique - sept, c'est beaucoup -, c'est que, en dehors d'un - voire deux - petits traits de caractère, la personnalité de chacun demeure malgré tout un peu vague... Même par la suite, on aura bien du mal à se familiariser avec certains, à s'en sentir proche, deux ou trois d'entre eux demeurant d'ailleurs plus des silhouettes que des individus à part entière. On sait ce qui les rapproche, ce qui les "unit" (tous des anciens gradés militaires, mouillés dans des histoires guère avouables (Hyde a son petit dossier sur chacun, c'est d'ailleurs ce qui lui a permis de les "sélectionner"), qui ont connu des temps meilleurs), mais on peine parfois à faire vraiment le distinguo entre les qualités, les aptitudes de chacun, leur réelle spécialité (cela est brièvement évoqué pour certains d'entre eux mais on ne peut point dire que cela soit des talents exceptionnels : couper des fils, voler une bagnole ou balancer une bombe c'est loin de nécessiter des années d’entrainement... pick me, pick me !). Cet aspect est un peu frustrant tout comme le casse final (grande idée que celle des fumigènes... et pis malheureusement c'est bien un peu tout...). C'est dommage parce que le personnage de Jack Hawkins (Hyde), grand bourgeois décadent perdu dans son immense demeure, est pour sa part particulièrement "remarquable" dans sa capacité à organiser ce coup au millimètre et à mener les hommes à la baguette. Il y a un petit côté colonie de vacances "pour adulte" lors de toute cette phase de préparation, un état d'esprit bon enfant assez savoureux (Ah, this famous british humour pince sans rire...): cet aspect-là est particulièrement évident lors du vol dans la base de l'Armée ; malgré tout le sérieux de l'entreprise, nos gaziers s'amusent comme des petits fous dans les rôles qu'ils campent, sans parler de cette idée (caustique, c'est le cas de le dire...) de prendre un accent irlandais pour faire croire que c'est un commando de l'IRA qui a agi... Une pointe d'ironie (du sort) que l'on retrouve jusque dans le final (alors le crime, il pait ou il pait po in England ?) où nos hommes se conduisent, forcément,... en parfait gentlemen (cambrioleurs). C'est pétillant d'humour, bien mené mais sans doute pas aussi "original" (même pour son temps, mais j'ai peut-être la dent un peu dure) et inventif qu'on l'aurait souhaité. On reste tout de même, cela va sans dire, en première League.

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