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Les T-Men, les types de la brigade financière spécialisés dans les enquêtes sur la contrefaçon, n'ont pas les super-pouvoirs des X-Men (je pouvais difficilement passer à côté) mais ne sont point des branquignoles pour autant. Denis O'Keefe avec ses faux airs de Jack Bauer et Alfred Ryder infiltrent un réseau de trafiquants, une tâche comme nous le rappelle subtilement le titre français, qui n'est point sans danger. L'enquête est présentée par un ancien responsable du Service du Trésor, histoire de donner une bonne touche de réalisme à cette oeuvre - et la mise en scène de Mann d'être au diapason . Au-delà de l'intrigue qui décline tous les topoï du genre (travail de fond en bibliothèque pour se constituer une fausse identité, filatures, types roublards et castagneurs, lieux glauques, créatures féminines sublimes (c'est un peu la portion congrue à ce niveau-là, on peut le regretter...)), il faut reconnaître que le travail de John Alton à la photo (Raw Deal, Witness to Murder,... pour n'en citer que quelques-uns déjà chroniqués ici) est assez remarquable - au niveau des jeux de lumière (sur les visages ou en particulier lors des séquences dans les saunas) ou des angles de prises de vue (quelques petites contre-plongées qui font leur effet)... C'est du solide, peut-être pas du meuh-meuh, nan, mais il y a suffisamment de soudaines "petites montées" d'adrénaline pour nous clouer dans notre siège.   

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Pour être un T-Man, faut mettre de côté sa life. Le type marié ne peut plus voir ni contacter sa femme et c'est forcément un risque à prendre - tomber inopinément dessus en pleine couverture peut s'avérer en effet dommageable (mais j'ai rien dit, attention). Nos deux agents se fondent dans leur nouvelle identité (Vannie et Tony... po facile de ne pas choisir un nom ridicule quand on infiltre des Italiens) et sont prêts à tout pour passer incognito. Se faire passer à tabac pour conserver sa couv', ça fait partie du taff, tout comme le fait de se taper 123 bains turcs de suite pour retrouver un type. Bref, c'est plus dangereux que caissière ; mais nos types sont des malins pour, d'une part, ne pas se trahir et d'autre part remonter petit à petit le réseau - cette société de malfrats est ultra-hiérarchisée, il faut prendre son mal en patience. Boui-boui douteux, chambres d'hôtel vétustes, quais glauquissimes, nos hommes doivent en passer par là avant d'avoir l'opportunité de tomber sur le Big Boss... Mann fait doucement monter la sauce - un agent, trop exposé, devra se sacrifier pour la patrie ; un des principaux bandits, à deux doigts de balancer tout le réseau, va mourir de façon atroce dans un bain turc (plus atroce ce serait dans les toilettes - pardon) - avant de livrer un final oppressant : O'Keefe, pris au piège, va suer sang et eau pour sauver sa face et devra jouer du flingue pour espérer s'en sortir... L'argent du contribuable est bien dépensé, qu'on se le dise, car le T-man est vaillant et jusqu'au-boutiste. Rien à voir avec mon frère qui bosse aux impôts dans un bureau, c'est po faux. T. Bien.       

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