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En dehors du titre (ça commence fort) et de la présence de l'adorable Merle Oberon belle comme une grive, ce mélodrrrrrrrrame des thirties n'est guère mémorable. Des personnages gentils comme du bon pain (en dehors de cette pauvre tante revêche et de ce grand couillon de Lawrence, son fils, qui ne pèsent pas bien lourd), une intrigue tire-larme comme on en fait plus (la guerre, ses morts, ses blessés dont ce type qui devient aveugle et décide que nan, vraiment, nan, il ne veut pas devenir une charge pour celle qu'il aime, nan elle ne mérite pas ça, et je préfère crrrrrrrever malheureux comme une pierre plutôt que de lui faire cela - bon, c'est fini tes jérémiades ?!), une mise en scène si figée qu'on se croirait parfois dans Au Théâtre ce Soir... mais on prend tout de même son mal en patience en attendant le happy end final incontournable qui devrait bien nous faire verser une ptite larme (ben non, tiens, plutôt mourir... ça va, on n'est pas non plus des jambons à l'agonie). Bah, c'est pas honteux non plus, juste terriblement démodé.

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Petite Kitty est amoureuse de ses voisins, Alan (surtout) et Gerald (moins - on sent qu'il aura le rôle ingrat dès le départ). Elle gambade, elle est mignonne comme tout avec sa grand-mère, elle sourit et est polie avec tout le monde, elle a une petite bouille toute guillerette, bref, on aurait envie de lui mettre des baffes juste pour la faire revenir sur terre. Alors qu'elle pique-nique avec les deux garçons, il y a un coup de vent de malade : on sent venir de loin le symbole avec ses gros sabots ; Alan et Kitty, finauds, interprètent immédiatement cela comme un mauvais présage... On devine une heure à l'avance que leur mariage va po être facile et qu'à chaque coup de vent, putain, il y aura un malheur. On ferme les fenêtres pour compatir. Petite Kitty est devenue grande. C'est la Guerre, mince. Les deux jeunes garçons partent faire leur devoir, reviennent, Alan et Kitty décident de se marier, puis Alan et Gerald rrrrrepartent sur le front... Ah, enfin le drame : suite à un stupide quiproquo les deux garçons se brouillent, c'est trop bête, ils ne se reverront jamais. Nan ? Si... Mais attention, il y a une astuce. Ah ? Gerald retourne chez lui sain et sauf, mais Alan, attention, Alan est fait prisonnier, reste à l'hôpital pendant des plombes et réapparait à la fin de la guerre, aveugle et incognito (on retrouve toute une salle d'aveugles et franchement ça fait bizarre de voir tous ces clones de Jean-Luc Godard assis ensemble... Désolé).

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Il ne veut pas être un poids pour Kitty qui, pensant qu'il est mort, souffre sa mère (Merle passe son temps avec la pupille humide - les séparations, les fiançailles, les retrouvailles, les mauvaises nouvelles, tout est propice pour qu'une larme perle dans les yeux de Merle): elle n'aura plus qu'à se rabattre, en désespoir de cause, sur Gerald - même lui, on sent qu'il trouve que c'est abusé, un rôle ingrat à ce point. Alan n'habite pas loin de ses deux amis, apprend leur mariage (il est dégoutté mais souffre en silence), a l'occasion de les rencontrer lorsque ces derniers organisent une chasse à courre sur ses terres - enfin un peu d'action mais cela ne dure point (mais, nan, laissez-moi tranquille avec mon malheur, bon sang !) et cette attitude puérile commence franchement à nous énerver. Le happy end, le happy end, crie-t-on pour qu'on en finisse avec cet aveugle capricieux qui s'auto-flagelle. On est confiant, on sait bien que Merle sera prête à tout lui pardonner - et pis tout sauf épouser cette guenille de Gerald, de toute façon. Pas de trace d'ange, ni de ténèbres, un film pour toute la famille de 7 à 107 ans, qui tend méchamment au mièvre... Pour les fans invétérés de la belle Merle, on va dire.

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