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La bombe Marilyn Monroe rayonne et explose dans ce Niagara qui malgré quelques passages mollassons et une interprétation, au niveau des seconds rôles, pas toujours wonderful, demeure de bonne tenue. Le film s'ouvre avec un arc-en-ciel et semble annoncer la couleur non seulement des diverses tenues de Marilyn (en blanc - on lui donnerait le bon Dieu sans confession quand elle apparaît, la première fois, hors du bungalow pour demander aux nouveaux arrivants de garder la chambre un jour de plus - puis en vert, rose, rouge, jaune et enfin, évidemment, en noir...) mais, tout autant, de ses états d'âme : tour à tour diablement sensuelle (l'indécence de ce corps écartant quasiment les jambes sous les draps... osé, olé !), charmeuse et presque romantique en écoutant cette chanson sucrée (Kiss), machiavélique quand il s'agit de mettre au point un plan pour se débarrasser de son mari, affolée puis paniquée quand tout semble soudainement partir en quenouille.

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C'est un festival Monroe, qu'elle se permette de rouler des fesses comme une dingue (son 96-61-96 fait merveille dans ses tailleurs ou ses robes moulés sur elle), qu'elle fasse péter son sourire ultra-bright de femme "fatale" (pour rendre son mari jaloux ou lorsqu'elle écoute ce fameux air joué aux cloches censé lui apporter une bonne nouvelle) ou encore, tout gentille, qu'elle joue à la bonne copine reconnaissante (avec le petit couple de vacanciers en lune-de-miel). Comme écho à l'arc-en-ciel initial, son tube de rouge à lèvres multicolore vient clore sa dernière apparition : son mari (belle partition de Joseph Cotten - passant de l'accès de violence à l'hébétude en un quart de seconde) tripote ce petit bidule entre les doigts (difficile de ne point voir un lien avec son évidente impuissance, même si sa façon de s'extasier, en ouverture, sur les chutes du Niagara semblait déjà avoir tout dit sur sa condition...) et finira par faire une magnifique déclaration d'amour à sa belle... Un poil à contretemps, je vous l'accorde.

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Hathaway profite au maximum des différents lieux et autres particularités touristiques du site, de la présence de ce clocher capable de jouer de multiples airs à la demande (Marilyn sur un petit nuage orgasmique la première fois qu'elle l'entend... la seconde fois, l'air aura la capacité de la sortir du coma - c'est pas rien - et notre Rose éclose en sursaut de vouloir prendre ses jambes à son cou) à ces endroits prêts des chutes oû le moindre faux pas peut être fatal (cela rajoute forcément une petite dose de suspense d'autant que le bruit des chutes est capable de couvrir tout cri...), sans même parler du final relativement haletant (la chute, c'est ça...). Jean Peters, dans le rôle de "la jeune femme en lune de miel", est également remarquable non seulement par sa beauté (clair) que par les nuances qu'elle apporte à son personnage : tiraillée entre la volonté de rester tranquillou auprès de son mari et son inquiétude par rapport aux relations qu'entretiennent Marilyn et Cotten, elle ne peut s'empêcher de laiser "une ombre" planer constamment sur son visage (au sens figuré et même au sens propre, la silhouette de Marilyn venant soudainement s'interposer alors que le mari de Jean s'apprêtait à faire une photo-souvenir de sa douce).

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Ceci dit, on comprend qu'elle se fasse du souci, non seulement pour les tensions dans le couple Monroe/Cotten mais aussi par rapport à son couillon de mari : non seulement il joue comme un pied mais en plus sa petite façon d'être constamment gai comme un pinson finirait par porter sur les nerfs de n'importe qui... Quand le boss de son mari, accompagné de sa femme, les Kettering, surviennent (genre les vieux qui ont toujours la pêche), la lune-de-miel tourne au cauchemar pour la pauvre Jean : et vas-y que je te met de grandes tapes dans le dos, et vas-y que je te donne des ordres pour que tout soit organisé à la perfection... Pour un peu, elle serait presque soulagée de retomber, par hasard, sur Cotten (enfin un peu de noirceur et de tourment, ça change des Bisounours) qui tente, lui, le tout pour le tout... Un "film noir" particulièrement coloré et tourné dans un décor grandiose (ça nous change des quartiers urbains pourraves) qui vaut le détour pour le trio à l'affiche et par le soin apporté, notamment, à l'usage des couleurs et du son. On se laisse encore et toujours gentiment porter par le courant...   

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