18373318_jpg_r_760_x_f_jpg_q_x_20040217_065646Même en n'ayant lu que quelques bouquins de Stephen King, on n'a pas vraiment de mal à deviner les tenants et les aboutissants de cette histoire dès les premières minutes, ce qui en gâche quand même 99% de l'intérêt. Première séquence de trauma originel (un écrivain est témoin de l'infidélité de sa femme et pète les plombs), puis 6 mois plus tard on retrouve notre homme aux prises avec un psychopathe qui l'accuse de plagiat ; or, personne ne semble témoin de l'existence de ce personnage... Mmmmm, attendez, laissez-moi deviner, est-ce que ça voudrait dire que... Oh mon Dieu ! Oui, il se passe exactement ce que vous imaginez. On se dit alors que Koepp va devoir produire une sacrée mise en scène pour faire oublier la poussivité du scénario. Malheur, là aussi, pas grand-chose à se mettre sous la dent : certes, le film est plutôt joliment photographié, prend place dans de très beaux décors (un intérieur burtonien intéressant dans ce qu'il décrit du monde intérieur du héros, des extérieurs champêtres très repérés "Stephen King" (cf Misery) mais qui marquent encore des points), et Koepp fait montre la plupart du temps d'attachantes modestie et économie de moyens. Le gars film franc, sans se la péter, mis à part quelques plans qu'il voudrait torves et qui ne sont qu'artificiels (la caméra placée de travers en bas d'un escalier pour appuyer sur la folie du personnage, des flashs-back tonitruants qui ne servent à rien). Mais cette sobriété frôle aussi souvent la transparence, et surtout Koepp ne parvient jamais au minimum qu'on peut attendre d'un thriller : nous faire sursauter, ou au moins faire monter la sauce progressivement avant de tout balancer. La saUce ne monte pas du tout, et le speed final est tellement retardé qu'il finit par arriver trop tard, alors qu'on s'est assoupi depuis longtemps devant cette histoire sans sève, sans action, sans pics.

18373319_jpg_r_760_x_f_jpg_q_x_20040217_065656La faute à Koepp en grande partie, la faute à King aussi qui nous pond une de ses énièmes histoires qu'il produit en usine et qu'on connaît désormais par coeur ; la faute un peu aussi aux acteurs : Depp semble être dans un autre film, jouant sur un registre burlesque (qu'il fait très bien, reconnaissons-le) alors que le film est sensé être flippant ; sa composition sent un peu le laisser-aller, voire le foutage de gueule vis-à-vis du film lui-même : pas dirigé, il a décidé de saboter le truc, et construit un personnage certes rigolo, mais jamais trouble, jamais inquiétant, jamais profond. Face à lui, Turturro vise l'Oscar avec son accent du Mississipi et sa diction lente, et ne s'efface jamais derrière son personnage : on voit Tuturro jouer les psychopathes, jamais un psychopathe. Arrêtons-nous là, puisque Secret Window est un des films fêtiches d'une fidèle lectrice de ce blog qu'on s'en voudrait de perdre, reconnaissons qu'on passe un moment pas non plus désagréable, et brisons là.