vlcsnap_2010_12_13_18h34m52s77De l'action, du romantisme, de l'humour à deux balles, des méchants affreux : on ne demande pas grand-chose de plus au cinéma de divertissement hollywoodien, et The Mark of Zorro coche chacune de ces cases sans aucun problème. Il fallait un modeste artisan comme Mamoulian pour réussir ce film : il sait s'effacer devant ses acteurs et ses scènes d'action, filmant droit et honnête sans en rajouter. Le scénario : un cavalier surgit hors de la nuit pour vivre l'aventure au galop ; son nom, il le signe à la pointe de l'épée d'un Z qui veut direuh Zorro. Dans le rôle titre, le suave Tyrone Power, qui en fait assez, dirais-je, mais qui est finalement assez rigolo dans sa partie "non masquée" (quand il n'est pas Zorro, quoi). Car, comme dans le film homonyme de Fred Niblo, c'est la dualité entre le personnage héroïque de Zorro et celui efféminé de Vega qui est la plus intéressante : c'est là encore un film sur la virilité et le courage. Vega, pour dissimuler son identité, est obligé de se faire passer pour une taffiole, et Zorro est au contraire sur-couillu et sans peur. On n'est pas encore dans le Batman de Burton, qui saura très bien montrer cet affrontement intérieur entre courage et lâcheté, mais il y a quand même là-dedans une jolie composition d'acteurs, et un discours assez ambigü sur les personnages (Zorro doit avoir en tout et pour tout 5 minutes de scène, Vega frôle l'heure de jeu).

vlcsnap_2010_12_13_19h08m02s6Ambiguité involontaire sans aucun doute : Mamoulian veut amuser et divertir, et il le fait à 100% avec ce film enlevé et glamour. Les cascades sont épatantes, notamment sur un saut de cheval depuis un pont qui a bien dû tuer 5 ou 6 bêtes avant qu'il soit réussi. Le duel final, qu'on attend toujours, est impeccable, surtout que Power sait avec classe balancer ses vannes en plein duel ("Cette petite égratignure arrive à point, dit-il alors que l'autre lui a à moitié arraché le bras, je commençais à m'endormir", ahaha). Bien aimé aussi le coup de l'épée qui scie une bougie en deux tout en la laissant sur son bougeoir (ça sert à rien, mais le vilain pâlit nettement). Dans le rôle du méchant, il y a Basil Rathbone, comme d'hab, qui tire sa tronche d'odieux personnage avec la conviction de rigueur, et pour couroner le tout il y a le joli minois de Linda Darnell et la musique tonitruante et omniprésente d'Alfred Newman, au taquet. Une bonne petite confiserie sans conséquence.