19105070_jpg_r_760_x_f_jpg_q_x_20090513_063342Un de ces films issus de la "nouvelle école française" qu'il est paraît-il de bon ton de considérer comme prometteuse. Moi, je veux bien mais il faudrait quand même qu'Axelle Ropert songe un peu au fait que le cinéma est aussi une histoire de technnique : sincère, son écriture l'est, sa sensibilité aux personnages, son petit ton doux-amer ; mais manquent à La Famille Wolberg pas mal de choses pour être vraiment intéressant. Prometteur, oui on va dire ça pour être gentil : dès que sa réalisatrice aura pris quelques leçons de mise en scène et de direction d'acteurs, on aura peut-être droit à un film original de sa part.

Le style flirte avec tout un pan de l'histoire du cinéma français qui n'est certes pas celui que je préfère : le film concerné, psychologique, vachement profond t'vois genre. Un homme, maire d'une petite ville grise, atteint d'un cancer incurable, refait un dernier tour au sein de sa famille, père qui se soustrait quelque peu au monde, fille qui quitte le cocon familial, fils mutique et trop admiratif, et surtout épouse qu'il découvre soudain infidèle et fatiguée. De petites touches en saynètes délicates, c'est donc le portrait d'un homme aux prises avec la communauté (il est juif, responsable d'une ville et chef de famille, n'en jetez plus dans la thématique clanique), souvent très juste et intelligente. Voilà, on a fait le tour. Ropert s'essaye au hiatus dans sa mise en scène, musique soul rencontrant des décors 19105071_jpg_r_760_x_f_jpg_q_x_20090513_063342dardenniens très glauques, comédie errant toujours aux côtés du mélodrame, scènes coupées en plein développement pour nous emmener brusquement dans une autre atmosphère... Bon, c'est bien, sauf que le montage est du coup complètement hâché, tout comme le rythme : des faux-raccords ou des problèmes d'axes de caméra qui faussent la lecture, des scènes trop longues qui côtoient des scènes trop vite bouclées, des invraissemblances dans les personnages et les situations (je suis pas psy, mais la scène finale entre le père et sa fille est absolument impossible). C'est souvent franchement pénible à regarder, comme si le film était plein de couacs musicaux. Certes, certaines séquences sont très réussies (la rencontre avec l'amant), mais perdues au milieu d'un flou artistique complet, elles passent à l'as. Quant aux acteurs, mis à part le convaincant François Damiens, ils sont vraiment mauvais, dirigés sans exigence, maladroits comme tout. C'est peut-être le plus gros problème de ce film, qui se laisse regarder cependant si vous avez envie de pleurer un petit coup.