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Si le premier film de Nicholson, Drive, he said, se révélait une oeuvre brouillonne mais bourrée d'énergie, cette oeuvre de Janglom, réalisée à la même époque et produite également par Bernt Schneider, est d'un ennui à mourir. Attention, on est dans l'oeuvre expérimentale ricaine sous influence godardienne ou fellinienne (c'est en tout cas lui qui le dit, ne cherchons pas forcément de liens) : en gros, le principe, c'est pas de ligne narrative claire et un montage le plus foutraque possible histoire de brouiller les pistes - on a rien contre a priori. Résultat : la chienlit assurée. On assiste grosso modo au rêve éveillé (expression bien pratique quand on ne comprend pas grand-chose) d'une jeune femme (Tuesday Ward, terriblement agaçante dans ses postures) : son esprit vague entre le monde de son enfance auprès d'un magicien de square (Orson Welles, deux tonnes, qui s'amuse à faire disparaître un éléphant - sûrement pour traduire son obsession d'un régime...), son compagnon terriblement terne (Phil Spector dont les grosses lunettes carrées sont encore ce qu'il a de plus sexy) et un amant (Jack Nicholson en fiévreux lover moustachu - il a une scène en intérieur où il est avachi sur un canap et il sue sa mère - où est passé le maquilleur, bon sang ?). Apparemment vu la mine qu'elle tire entre deux séquences montées en vrac, elle a l'air relativement insatisfaite ; on compatirait peut-être franchement pour elle si, au bout de quinze minutes, on avait pas déjà lâché l'affaire (oui, bon, j'aurais dû m'arrêter là, c'est mon pauvre petit côté optimiste : "attendons de voir si jamais par la suite"... Nan) : c'est bien gentil de vouloir faire son original, seulement parfois on risque de virer à la prétention pure et dure... A force de trop vouloir déconstruire son film en ajoutant des bouts de scènes aux autres dans un désordre censé sûrement faire "artiste inspiré", Jaglom semble bien le seul à se passionner pour ce qu'il fait et laisse le spectateur totalement sur la touche. On a franchement qu'une envie, le laisser tout seul dans son coin, voilà. Bon, j'aime autant arrêter là, sinon je vais m'énerver...

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