la_tisseuse_de_wang_quan_an_4146327fdawp_1731

En recherche d'un ptit film chinois pour donner la patate ? Bon ben laissez filer La Tisseuse qui foutrait le bourdon à un panda. Wang Quanan fait dans le film social : après une intro où l'on pense qu'il a bien retenu la leçon d'une Rosetta des Dardenne (caméra portée qui colle aux basques de son héroïne entrant comme un chtite furie dans l'usine), il nous faut malheureusement constater que sa caméra, bien vite, va regagner son pied. Ce dynamisme initial est comme coupé à la racine et on assiste tout penaud et froidement à la chute aux enfers de notre pauvre héroïne Lili (Yu Nan, du chien dans un rôle bien déprimant): elle saigne du nez, on ne le lui dit pas directement mais elle a un sale cancer, il y aurait bien éventuellement un traitement ultra couteux si jamais y avait des assurances en Chine, mais ah aha ah c'est po le cas, adieu donc monde cruel semble se dire la chtite Lili qui allume le gaz (à la Rosetta) abandonnant un mari (triste comme un calvaire) et un gamin en bas âge : on est qu'au début du film et on croit qu'il va s'agir d'un court métrage en fait... oups, non, elle est sauvée in extremis. Elle se sait de toute façon condamnée et va tenter durant le temps qui lui reste de régler quelques comptes avec son passé : un ptit voyage au bord de la mer (gelée... sale climat en Chine décidément) avec son ex petit ami, une histoire, se rend-elle compte effarée, tristement avortée comme si le destin s'acharnait depuis le début contre elle. On glisse peu à peu vers la conclusion en se doutant bien que le miracle chinois, s'il est économique, ne sera jamais humain, et on compatit pour cette tristoune Lili qui n'a apparemment aucune échappatoire... Dommage qu'au niveau de la mise en scène Wang Quanan film autant "à plat", son récit, finissant par manquer terriblement de relief ; pour une ou deux scènes assez prenantes - le gâteau au gaz, la seconde tentative de suicide sur les rails avant une course poursuite où Lili retrouve quelques instants d'allégresse - le reste du film - surtout les séquences dialoguées - demeure un peu terne. Certes, c'est loin d'être, dans le fond, la fête du slip mais Wang Quanan semble se contenter du minimum syndical pour donner un soupçon de vie à son récit. Un peu trop sagement tricoté...   

la_tisseuse_yu_nan