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Pour une fois, je grille mon gars Shang, pourtant grand spécialiste de Herzog, avec ce court-métrage réalisé pour une chaîne de télé (et que tu peux voir ici, vieux frère, c'est la mienne). Voilà, je crois que j'ai à peu près tout dit. D'accord, pour prolonger un peu, disons que voilà une sorte de clip expérimental très joliment réalisé, où Herzog filme des couples ethiopiens qui se séparent sur un air de La Bohème de Puccini qui raconte également une séparation. Bel effort de faire voyager la culture européenne et de montrer sa force jusqu'au fin fond de l'Afrique, portrait frontal d'une population, petites allusions au contexte politique et guerrier de l'Afrique contemporaine, Herzog fait dans la simplicité et dans la finesse, n'hésitant pas à privilégier l'émotion par rapport au discours. Techniquement, le film est bluffant, cette caméra vidéo parvenant à capter une profondeur extraordinaire dans les regards, un grain de peau très net, une nature magnifiquement rendue : ce n'est guère qu'une succession de portraits (4 couples, séparés par des soldats armés de kalachnikovs), mais il se dégage de cette immobilité et de cette netteté d'iamge quelque chose de magique, d'envoûtant, qui fonctionne très bien. Ca ne va sûrement pas beaucoup plus loin que la simple contemplation esthétique, mais ça aura au moins permis à Herzog de se payer un joli voyage, et à nous de récupérer encore quelques belles images du cinéaste. Utile, donc. (Gols 11/10/10)

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Grand merci mon gars pour ce lien. Un court de l'ami Werner qui permet de se réveiller tout en douceur avec ces notes pucciniennes inspirées. C'est surtout les regards qui sont hallucinants, des regards à la fois frontaux, fiers mais aussi "intensément vide" (l'oxymore au ptit matin, rien de tel)  comme si la caméra leur volait leur âme ou qu'ils en avaient peur (surtout les femmes) ou, pour être sans doute moins radical et dramatique, "terriblement fixe" ; si la poignée d'hommes armés (sauriez-vous reconnaître Dennis Hopper réincarné ?)  prend un peu des allures d'une équipe de bras-cassés en posant aussi sérieusement "pour la photo", il y a quelque chose de beaucoup plus touchant dans les séparations de ces couples notamment... parce qu'on sent à chaque fois le petit signe que doit faire Herzog pour leur indiquer de se retourner et de prendre deux chemins différents ; il y a à chaque fois un coup d'oeil un peu perdu d'une microseconde qui donne finalement beaucoup de charme et de fraîcheur dans cette mise en scène un peu "figée". Forcément la musique de Puccini emballe l'ensemble d'une évidente note tragique mais ces petites hésitations face caméra chargent ces portraits d'un soupçon de candeur et d'humanité salvateur. Voilà, d'un autre côté je dors encore assis et ai bien du mal à me relire. Utile, agréable, transcendentalissime ? Juste quelques grammes de finesse visuelle dans un monde de brutasse. (Shang 12/10/10

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