L'Agonie de Byzance (1913) de Louis Feuillade
Un petit peu d'histoire avec cette prise de Byzance en 1453 par les Musulmans emmenés par un Mahomet II en pleine bourre. L'Empereur Constantin a beau supplier le Ciel, rien n'y fait, Byzance tombera aux mains de cette horde déchaînée. Des décors en contreplaqué mais beaucoup plus de main d'oeuvre, au niveau de la figuration, que pour, disons, un Jeanne D'Arc de Rivette. Après une première attaque qui s'est soldée par un statu quo - les Musulmans en ont ras le bol de se prendre d'énormes caillasses dans la tronche et regagnent leur base -, Mahomet II galvanise ses troupes en promettant à ses combattants, morts sur le champ de bataille, le paradis - c'est ça ou on leur coupe la tête, l'alternative est maigre reconnaissons-le. De son côté, Constantin, au supplice, essaie de se gagner la faveur de Dieu : séance de prières en groupe - impressionnante vision que ce roi, debout, au milieu de 30.000 figurants -, procession de la Vierge - belle idée que la présence de cet escalier au premier plan : cela donne un peu de "relief" à ce défilé de cierges géants -, ou encore séquence durant laquelle Constantin se fait absoudre de ses fautes devant un parterre triste comme un parapluie cassé. L'attaque ultime est lancée et les Musulmans enturbannés mettent une grosse branlée aux troupes de Constantin - pas d'effusion de sang : en noir et blanc, de toute façon, ça rend moins.
Les soldats tombent comme des mouches et les assaillants de se précipiter immédiatement sur les femmes qu'ils traitent comme des chamelles (pas facile, cela dit, de prendre une chamelle sur son dos, c'est vrai - c'est, généralement, plutôt l'inverse). Des femmes qui seront vendues comme esclaves et, parmi les monceaux de cadavres, on se met à la recherche du corps de Constantin pour pouvoir lui couper la tête... Lors du plan final, Mahomet exhibe fièrement devant ses hommes la tête de ce barbu qui fait moins le malin, c'est fini : voilà pour la petite leçon d'histoire en images. Du mouvement lors des combats, quelques mignonnettes scènes de recueillement chez des cathos au désespoir, un Feuillade, parfaitement rénové, qui passe plutôt bien au réveil.
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