Otto Preminger s'essaie en début de carrière à la screwball comedy, et même si on est loin d'être hilare de bout en bout, le film ne manque pas de punch. On reste généralement au niveau du gag bon enfant mais les dialogues fusent à une telle rapidité, les séquences en intérieur, constamment en mouvement, se font à ce point tourbillonnantes qu'on avale le tout sans avoir le temps de déglutir. Une comédie relativement enlevée pour peu qu'on ne s'attende point à trop de finesse...

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Henry MacMorrow a dégoté le taff dont personne ne veut, dans ce cabinet d'avocat : faire signer un papelard aux huit membres de la famille Pemberton - un terrain sans grande valeur (100.000 dollars, bon c'est pas rien quand même) qu'une société de chasse veut leur acheter. L'associé de MacMorrow s'est déjà cassé les dents sur la chose tant l'ensemble de la famille a l'air particulièrement dsijoncté... Henry est un richissime fils à pôpâ qui se la coule super douce depuis la mort de ce dernier et, malgré la pression de ses pairs (il risque d'être éjecté du cabinet s'il échoue), il décide de prendre cette mission sans véritable stress. Il ne va tarder à se rendre compte qu'au niveau de l'excentricité, cette famille bat tous les records : du gamin petit génie qui tape sur les nerfs à la grand-mère qui confond tout le monde, de la blonde un tantinet nympho au peintre frapadingue, l'ensemble de la famille a son lot de tarés ; lorsqu'il pénètre au sein de la demeure familiale, il ne tarde point à se rendre compte qu'il sera difficile d'en placer une ; après deux trois tentatives guère concluantes, notre MacMorrow décide de mettre les bouts et de ne plus entendre jamais parler de cette maison de fous ... Mais la chtite blonde de la famille a le béguin pour lui et va tout faire pour lui faciliter la tâche...

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Pour peu qu'on aime les films où les dialogues semblent s'enchaîner de façon discontinue et les portes qui claquent ("Moi les portes qui claquent..." - anachronisme mon cher...), il faut reconnaître qu'on est servi dans ce film qui fait la part belle aux extravagances. Preminger a parfois la main un peu lourde (l'oncle Goliath qui se croit dans la guerre du feu...), tente certains gags qui frôlent le grand n'importe quoi (le peintre qui se fait arroser pendant qu'il peint une marine... Fallait oser), mais cette constante volonté de faire dans la surenchère demeure finalement assez mignonne... On n'est pas dans l'humour qui fait franchement dans la dentelle mais dans la bonne vieille comédie légère vintage. Otto s'aventure en passant sur le terrain de la romance et n'hésite pas à faire pousser la chansonnette à ses deux interprètes principaux ; une petite chanson sans prétention qui arrive comme un cheveu sur la soupe alors que nos deux amoureux passent une première nuit ensemble "ultra romantique"... dans une écurie, ahaha - roh c'est gentillet voilà tout. On est encore dans les prémices dans la filmo du Preminger, ne soyons point non plus trop exigeant. Charmant, voilà tout.

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