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Derrière ce titre français qui semble tiré de la couverture d'un polar de seconde zone se cachent le premier film de la divine Kim Novak et un film noir tout à fait méritoire. On retrouve au générique le lourd Fred MacMurray qui a troqué sa panoplie d'assureur (Double Indemnity) pour celle de flic ; il est également beaucoup question de planque - la surveillance de la chambrette d'une Kim très nerveuse... et de l'appart voisin où s'agitent de jeunes infirmières (donnez des jumelles à un flic et voilà le travail...) - et ces petites séquences de "voyeurisme", pour le meilleur et le pire, sont comme un troublant écho au Fenêtre sur Cour du bouddha Hitch sorti, étrangement, la même année. Le plus jouissif dans cette parfaite petite mécanique, c'est l'étrange relation qui va se nouer entre MacMurray et Novak (qui manipule qui ? Hum... Et si finalement c'était de l'amour... Ohoh) : au départ, le flic n'a aucun mal à pécho cette blonde à la sortie du cinoche - votre voiture ne démarre pas, je vous raccompagne ? -; il n'y a guère de hasard ou de coïncidence dans cette rencontre puisque c'est MacMurray lui-même qui a trifouillé la bagnole pour pouvoir entrer dans la vie privée de la donzelle. Why ? Cette dernière est connue pour ses relations avec un braqueur de banque, type que l'on a vu justement à l'oeuvre dès l'ouverture du film pour un casse (belles séquences entièrement muettes) tout en douceur. Notre flic pense pouvoir entrer facilement... dans son jeu. Mais la chtite blonde aux sensuels sourcils bruns n'est pas sotte et ne va pas tarder à deviner la profession et le rôle de MacMurray ; elle lui propose alors dans la foulée un étrange marché : elle récupère la thune et ils se barrent ensemble.

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Le flic est outré (moi j'aurais même pas cherché à comprendre, plus pressé d'embarquer le petit lot Novak que les 200.000 dollars), l'envoie paître, réfléchit quand même quelques heures (ahhhhh?) et finit par accepter (je savais bien que ce type n'était pas si bête...). MacMurray et la belle Kim ne tardent donc pas à s'entendre pour doubler le braqueur, le seul truc faisant vraiment peur étant le plan du flic (fallait pas non plus s'attendre à tomber sur The cerveau du siècle...). On comprend vite qu'il pense jouer le coup au feeling, sans prendre en compte deux trois variables : comment gérer le vieux flic en planque à l'extérieur et certains de ses collègues au taquet, ou encore ces petites infirmières qui ne cessent d'aller et venir dans les couloirs de ce bâtiment où tout le monde (Novak, les keufs,...) loge au quatrième ; il suffirait, semble-t-il, de croire à sa bonne étoile pour que tout se passe comme sur des roulettes ? T'es dans un film noir mon coco, ne fais pas le mariole, et la Novak a un petit minois si innocent qu'elle ne peut incarner que la méga femme fatale... Mais le flic irlandais n'en fait qu'en sa tête et continue de croire que tout est possible jusqu'au bout... Un récit parfaitement mené, sans aucun gras (chaque personnage est signifiant, chaque incident a, au final, des conséquences sur la trame principale) et un couple de cinoche ultra classique (la belle et la bête...) qui fait des "étincelles" (rien n'est à jeter lors de leurs nombreuses confrontations : des petits jeux de mots torrides lors de leur première rencontre au final triste comme une mouche noyée dans un café froid). Ce coffret - le second - des "classics" de la Columbia (Human Desire, The Brothers Rico, Nightfall, City of Fear) a indubitablement son lot de petites perles noires.      

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