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Il y a quelques bonnes idées au départ de ce petit polar français qui réunit le duo Gilbert Melki (trop rare, surtout si on fait l'impasse sur les daubes françaises) et Emmanuelle Devos (omniprésente (mais je l'aime beaucoup, attention), à tel point que j'ai l'impression de l'avoir vue dans tous les films français qui sont sortis dernièrement (Les Herbes folles, A l'Origine, Bancs Publics, Les beaux Gosses)). Un titre on ne peut plus adéquat puisque l'on suit en parallèle l'enquête menée par notre très complice couple phare (les deux s'épaulent dans leurs déboires sentimentaux, Melki se débattant avec son passé, Devos son présent - belle idée d'ailleurs que ces matchs de ping-pong, chacun, confident de l'autre, se "renvoyant la balle" : rien de mieux pour se rassurer sur sa petite vie que d'écouter les malheurs de l'autre) et les aventures fougueuses d'un couple de petits jeunes, Vincent et Rebecca, tellement accrocs l'un à l'autre qu'ils en oublient le sens des réalités... La résonnance du titre ne s'arrête point là, vu qu'une étonnante complicité va finir par naître "transversalement" (quand vous voulez je commente un match de foot) entre l'un des membres de ces deux petits couples - Melki et la jeune donzelle pour ne point les citer. La trame est simple comme bonjour : pendant que les flics cherchent à faire la lumière sur le meurtre de Vince, on suit par étapes, en flash back, les amours passionnées - et les histoires de cul - de Vince et Reb - ils sont super jeunes, ils s'aiment, cool, mais bon, Vince gagne sa vie de façon un peu olé-olé en se prostituant, généralement avec des mâles ; il semble bien gérer son affaire, mais cela dégénère un tantinet quand il propose à Reb de se joindre à ses parties fines... Si nos deux flics ont particulièrement les pieds sur terre, leur vie affective se délite à mort. Si nos deux jeunes baisent à tout va, leurs pieds finissent par ne plus toucher terre... jusqu'au dérapage incontrôlé. Bien que Mermoud fasse preuve d'un sens de la mise en scène relativement rudimentaire, le petit jeu de miroir qui s'instaure pendant la première heure entre ces deux récits reste assez plaisant à défaut d'être d'une originalité folle.

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Malheureusement, quand les deux trajectoires tendent, forcément, à se rejoindre (les raisons de la mort de Vince et la résolution de l'enquête), les deux histoires se font terriblement redondantes ; Mermoud semble mettre un point d'honneur à tout nous expliquer dans les détails, et ce plutôt deux fois qu'une. Alors que la complicité qui se développait au sein des deux couples n'avait, elle, pas besoin de "dessin", le film devient, lui, vraiment lourdingue au moment de sa résolution -  la mignonnette complicité qui surgit sur le fil entre Melki et Reb paraît, du même coup, encore plus téléphonée... Une narration assez sèche et efficace dans sa première partie - sans rien d'extraordinaire, certes, mais avec des acteurs qui tiennent la barre - et un final qui se gaufre un poil... Il y a une telle volonté chez Mermoud de vouloir tout éclaircir qu'on se demande s'il fait vraiment confiance à son spectateur : la complicité établie jusqu'alors avec celui-ci en pâtit forcément...