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Le sourire ultra bright d'un Jim Carrey bronzé comme un hippopotame et la coiffure de blonde peroxydée d'Ewan McGregor donnent, déjà, sur l'affiche l'envie de se fendre la pipe - jeu de mots ? Mouais allez, jeu de mots. Quand on voit apparaître le nom de Luc Besson au générique - en tant que producteur -, on commence cependant immédiatement à serrer des fesses. Puis on se dit qu'avoir des préjugés c'est mal, et on entre dans le film comme tonton dans tata à la bonne époque. L'entrée en matière est relativement survitaminée - on ne s'attarde point pour nous balancer rapidos le passé de Jim - et comme ce dernier fait le pitre comme jamais (il en fait tellement des tonnes que cela finit souvent par payer) - il nous arrache automatiquement deux-trois rires de circonstances (du comique de situation (le plongeon dans la benne à ordure, excellent) aux dialogues décomplexés (c'est après avoir frôlé la mort qu'il décide de vivre sa vie exactement comme il l'entend ("Je serai dorénavant un gros pédé" annonce-t-il en substance à un flic quelque peu décontenancé) ce qui ne tardera pas d'ailleurs à le conduire en prison - un endroit où, pour éviter les problèmes, tout se règle toujours par "une pitite pipe", ce qui n'est pas forcément pour déplaire à notre Jim)). C'est en tôle, justement, qu'il va croiser l'amour de sa vie, le tendre et mou Ewan McGregor. Le film tend à ralentir méchamment le rythme, et on se demande si on se dirige vers une comédie sentimentale gay, si on va tendre au film mêlant action et comédie à la Catch me if you can (Jim Carrey se révélant le roi de la démerde pour se sortir de n'importe quelle situation - certes, c'est rarement légal...) ou si on va verser dans le pathos lacrymal, l'ombre du SIDA ne tardant pas à planer sur notre petit couple... Il y a en fait un peu mélange de tout cela, chaque situation cherchant toujours à donner le beau rôle au trublion-caméléon Carrey. On tombe tout de même peu à peu dans une certaine facilité et, même si la pirouette finale est assez gonflée, on reste un peu déçu par l'ensemble - aussi bien au niveau comique (Carrey a la patate mais cela ne suffit pas toujours) qu'au niveau provoc (le début laisser présager un peu plus d'audace pour ce genre de production qui reste finalement très "mainstream" - la patte Besson ? oh ben nan, on avait dit pas de préj... Ok). Bref un départ assez tonitruant qui s'essouffle vite et une comédie qui se révèle, finalement, très gentillette sans que Jim Carrey ait vraiment lâché les chevaux - ou les chihuahuas si vous préférez.    

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