louie_bluie__1

Terry Zwigoff a un don pour dénicher outre-atlantique des personnages atypiques qui ont participé dans leur coin a leur petite pierre culturelle. Howard Armstrong, dit Louis Bluie, est au string-blues (mandoline, violon...) ce que Partenaire Particulier est au synthe - à cela près que le premier fait de la musique. On plonge dans les racines profondes du genre, et Louie Bluie de nous gratifier de quelques boeufs avec ses potes (moyenne d'âge soixante-dix berges pleine bourre ("I'm 75 years young" dit le Howard le regard malicieux) toujours partants pour gratter une corde - comme de sublimes marionnettes d'un autre âge qui s'animent dès qu'on leur file un instrument dans les mains). Le type a justement plusieurs cordes à son arc, ne se contentant point de nous gratifier de son "special", le jeu de mandoline derrière la tête - Jimi Hendrix en est chauve de jalousie ; poète et dessinateur, Howard nous fait découvrir sa magnifique collection de manuscrits où il conte l'histoire de son enfance ou illustre un petit kamasutra perso. Entre deux bonnes vieilles anecdotes et histoires de fesses, on découvre à  quel point les gaziers n'ont point hésité à  leur époque à apprendre diverses langues pour s'infiltrer musicalement au sein de certaines communautés plutôt fermées - les Ritals notamment. La musique, joyeux langage universel avec un Louie Bluie, chaussé d'un éternel béret, en véritable prophète du string-blues. Terry Zwigoff a le talent de savoir s'effacer pour laisser la parole à  ses somptueux dinosaures musiciens, et son doc permet de nous donner un réveil dominical tout en douceur et en chaleur humaine. On a tous quelque chose en nous du Tenessee.

louie_bluie__5