19044942_jpg_r_760_x_f_jpg_q_x_20090119_103131Cette fois, je crois que me voilà au bout de la saga The Grudge, et c'est pas dommage, tant la série a eu une fâcheuse tendance à se désagréger au fur et à mesure des épisodes. Pour ce dernier opus, Shimizu n'est plus que producteur, et on a confié les manettes à un vague tâcheron qui semble n'avoir vu aucun des épisodes précédents, ni aucun film tout court d'ailleurs. On tombe dans le tout-venant du film d'horreur, sans aucune originalité. Fini le découpage en séquences consacrées chacune à une victime, fini l'effort constant de Shimizu pour renouveler les façons de nous faire peur ; retour au bon vieux scénario-avec-trame-linéaire, aux bons vieux effets usés jusqu'à la corde, on est dans les sillons soigneusement tracés, et on perd toute inventivité. L'eccueil à éviter était de charger en biographie les personnages de deux fantômes ; ils étaient d'autant plus effrayants dans les épisodes précédents qu'ils agissaient à l'aveugle, sans réelle motivation, avec une inéluctabilité assez glaçante. Wilkins et ses scénaristes ont dû trouver ça beaucoup trop abstrait, et s'engouffrent joyeusement dans la sur-explication. Du coup, nos spectres deviennent "explicables", psychologisés pour ainsi dire, et ne font plus peur du tout. Il reste quelques effets sympas, comme cette évolution physique dans les personnages des fantômes eux-mêmes : le petit garçon-chat est presque un adulte, et la jeune femme effrayante a une nouvelle façon de 19044943_jpg_r_760_x_f_jpg_q_x_20090119_103132bouger qui est assez impressionnante. Mais pour ces quelques inventions timides, on se fade des héros mollassons dont on ne souhaite que la mort, de longues étendues de vide intersidéral (mais qui a commis ces dialogues ?), un ennui total entre les séquences horrifiques (qui sont bien rares). On espère qu'un opus 4 ne verra jamais le jour (enfin, un opus 8 finalement, vu la carrière tortine de la série), et que cette pauvre Kayako dormira enfin en paix dans sa maison maudite. Quant à Shimizu, il reste une de mes grandes découvertes récentes, grâce surtout à ses deux premiers Ju-On de très bonne tenue.