vlcsnap_2010_07_03_01h11m02s55Comment le réalisateur de Dark Water a-t-il pu se fourvoyer dans cet académisme sans saveur, c'est le grand mystère de Kaidan, film de sabre et de revenants qui en est bien dépourvu, justement (de mystère). Fatigué peut-être d'être un inventeur de formes, Nakata tente le traditionnalisme le plus total, en fabriquant de jôôôlis plans pastels pleins de kimonos âââchement beaux et de visages de porcelaine à l'avenant. Le résultat : un film qui ressemble à tous les autres, exsangue, excitant comme une compil de shamisen, où l'ennui pointe dès la deuxième minute. On comprend bien que Nakata veut en quelque sorte rendre hommage à la tradition de son pays, avec ce conte de nô matiné d'histoire de fantômes ; mais on lui demande aussi d'être un tantinet plus moderne et original, tout de même.

vlcsnap_2010_07_03_10h39m49s140L'histoire est sur-balisée : une femme trahie par son amant continue à le harceler même après sa mort, et élimine tour à tour toutes les nouvelles conquêtes du gars. Dès le départ, on sait à peu près tout ce qui va se passer ; et le plus embêtant, c'est que même dans les scènes fantastiques, Nakata n'est jamais inspiré, ne trouve jamais le moyen de nous faire peur. Manque de moyens peut-être (l'image du film est cheap, assez laide), d'inspiration sûrement, son fantôme n'est effrayant que pour les petits enfants, et jamais le réalisateur ne parvient à imprimer sa patte dans ces séquences pourtant attendues. Pour un ou deux plans troublants (des mouches qui sortent de la bouche d'un bébé, une attaque de serpent), il faut se taper des dizaines de séquences sans style, plates et académiques comme c'est pas possible. Aucun trouble, ni érotique (il y avait de la place pour ça) ni esthétique, ne vient habiter ce film sans vie, trop prosterné aux pieds de ses modèles et de la tradition japonaise. Même si les acteurs sont parfois pas mal, même si le montage est appliqué, on quitte ça avec l'impression d'un film de plus, et en priant pour que Nakata revienne bientôt dans les couloirs d'immeubles ou les puits sans fond qu'il sait rendre autrement plus intéressants...