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La série la plus décoiffante, sans mauvais jeu de mot, à l'heure actuelle ? Sans doute, tant cette saison 2 est un régal alternant une nouvelle fois de longues discussions écrites aux petits oignons - la femme du Walter qui décide de lui faire la gueule, ce dernier tentant de remonter le moral à son beauf - euh, moi aussi j'ai traversé des trucs difficiles ces derniers temps, certes - ou encore sa tentative pour sortir du marasme son partenaire drogué jusqu'à l'os. Des séquences tarantinesques au niveau des dialogues et une nouvelle fois une poignée de situations d'anthologie que l'on savoure béatement - impossible de regarder un distributeur de fric de la même façon après cet épisode qui part grave en sucette, que dire de l'utilisation de la clochette par ce vieux cloué sur son fauteuil sinon qu'elle est inoubliable et on pourrait enfiler les perles en citant les vlcsnap2211408dents du dealer mises sous verre, la séquence explosive avec la tortue ou encore la construction d'une batterie avec les moyens du bord... Les créateurs de la série n'oublient jamais de profiter au maximum des talents de notre ami chimiste pour montrer à tous ceux qui en douteraient encore que la chimie peut trouver des applications pratiques au quotidien. Walter White monte définitivement en puissance lors de cette seconde saison, s'enfonçant sans retour dans les mensonges pour sauver, croit-il, sa vie privée alors que celle-ci, à force de trop tirer sur la ficelle, menace à tout moment de lui exploser dans la tronche. Beaucoup aimé, après son opération salvatrice, cette obsession à changer les planches pourries de sa maison, Walter tendant à démontrer ainsi, plus ou moins inconsciemment, que toute chose pouvait faire peau neuve pour peu qu'on y mette les moyens... Et les moyens - financiers -, il se les donne avec une dose d'amoralité toujours aussi grinçante... Mais le Walter tombera de haut tout comme certains "objets" dans le final de cette saison, rendant presque intolérable l'attente de la troisième. Breaking Bad plane définitivement très haut. Bien difficile de ne point y être accro.   (Shang - 17/02/10)

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Tout à fait dans la vibe de mon collègue : cette saison 2 est bien plus réussie que la 1, qui était pourtant déjà pas mal. Les scénaristes ont définitivement affûté leurs stylos, et servent une très bonne trame, qui balance constamment entre des scènes de comédie impayables et des scènes de drame souvent poignantes. La série joue à l'équilibre entre les différents tons et bluffe sans cesse : on est sous le charme de ces personnages qui gagnent en intensité avec le temps, et devant les rebondissements de l'histoire, souvent surprenants sans viser à une esbroufe de surenchère comme c'est souvent le cas dans les séries ricaines.

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J'ai l'impression qu'on a applaudi aux mêmes séquences avec le Shang : mention effectivement spéciale à cette soudaine obsession du bricolage chez le héros, qui nous donne droit à une scène de dialogue hilarante parce que totalement vide. L'épouse et son fils qui tentent de déjeuner en paix, sous le vacarme des outils du mari emmitouflé sous ses combinaisons d'homme de chantier ; quand il prend une minute pour se beurrer un toast, l'échange de regard entre les trois personnages, et les deux mots de dialogue échangés, sont une merveille de timing et d'interprétation. On dirait du Carver, mais drôle. Les nouveaux personnages sont excellents (la jeune junkie vénale, le baron de la drogue fou à lier, le dealer crétin), et les anciens sont affinés : le beauf prend une humanité qu'on n'attendait pas de la part de ce gros flic bas-du-front (même si on regrette que les doutes qui semblent l'assaillir par rapport à son taff sont peu développés, abandonnés très vite), la femme du héros est de plus en plus insupportable tant elle est normale, et le jeune bras-droit devient étonnamment touchant au fur et à mesure de sa descente aux enfers. Quant à Mr White, inégal dans la première saison, il trouve enfin son rythme, sa profondeur, et l'acteur a réussi à lui donner une intensité "virile" qui manquait auparavant. Breaking Bad devient un film de personnages, un film psychologique, alors qu'il ne se laisse jamais aller au simple "behaviorisme" à la Desperate Housewives : c'est aussi une vraie série d'action, qui ne refuse pas l'excès (une tête arrachée et fixée sur le dos d'une tortue, il fallait oser), qui ménage de grandes plages de suspense, et des scènes complètement inattendues.

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Il faut dire que la mise en scène est vraiment imaginative. J'adore particulièrement toutes ces entames d'épisodes, étranges jusqu'au surréalisme, et toutes les séquences quasi-oniriques (la fabrication des amphètes, les speeds de Jesse,...) Il reste encore un peu de choses à jeter là-dedans, parfois même des épisodes entiers qui n'apportent rien à la trame, qui se perdent un peu dans des tentatives vers autre chose vite abandonnées. Mais l'ensemble est vraiment passionnant, et on se surprend à être réellement touché par certaines scènes (l'effondrement de Jesse sur la fin, les besoins de solitude et d'aventure de Walt White). La saison 3 me tend les bras, j'en fais mon affaire.   (Gols - 17/06/10)