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Assez étonnante que cette mouture langienne qui part sur un petit air de comédie romantique, bifurque du côté du polar, avant de finalement se focaliser - à nouveau - sur notre petit couple croquignolet (Sylvia Sydney qui fait la passe de trois avec Lang et George Raft, un type toujours super bien rasé). C'est relativement déroutant et un petit peu décevant d'autant qu'on voit venir gros comme une maison la bonne vieille morale finale : le crime ne pait po et heureusement que les gonzesses ont un peu plus de jugeote que leur mec pour les empêcher de faire de grosses boulettes; George Raft devra se taper la leçon et gagnera en prime un bébé : un gamin dans le tiroir, un truand au placard, c'est un bon résumé (et une sale journée - allons, vous voyez bien que je plaisante).

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Petite ouverture nous rappelant que le fric mène le monde, et la musique pinkfloydesque de "Money" aurait été particulièrement bienvenue sur ses images - mais oui, voilà, problème de timing, exactement. George Raft, qui a tâté auparavant de la prison, bosse maintenant dans un grand magasin : son boss semble s'être fait une spécialité dans la récup d'anciens prisonniers - il croit à la seconde chance, le rêve américain, c'est beau putain... Il en pince pour sa collègue, Sylvia Sidney, mais il a un peu les pieds dans le même sabot pour lui faire sa déclaration. Alors que notre homme est prêt à s'envoler sous d'autres cieux, la chtite Sylvia l'alpague et lui confesse ses sentiments. George annule son plan, saute dans les bras de la belle et décide de l'épouser dans la soirée (c'est beau la confiance, mais ça dure po, c'est ça). Pitite ombre au tableau, Sylvia n'a pas voulu avouer à George que, elle aussi, elle a un passé et qu'en plus elle est toujours sous parole : elle n'a, en fait, pas le droit de se marier, et le George, qui sent que sa femme toute neuve lui cache quelque chose, devient de plus en plus sombre. Il se rapproche même, l'idiot, de son ancien gang et comme dirait ma grand-mère, il file un mauvais coton. Mais Sylvia veille, bien...

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Ce départ primesautier presque "borzagien" est assez surprenant chez le Fritz, mais on se laisse séduire par ce petit couple plein d'optimisme. Rapidement, on voit bien que cela titille Lang de revenir du côté noir de la force, et de gros nuages du suspicion commencent à planer sur la tête de George. Il recontacte ses collègues et l'on plonge dans son passé avec une petite parenthèse sur la période de la prison, un moment forcément glauque mais qui a créé des liens entre nos taulards. Ils s'amusent maintenant comme des larrons en foire en projetant un nouveau coup (piquer la thune du boss du grand magasin pour lequel la plupart d'entre eux travaille, shame on them !); belle montée d'escalier silencieuse et cérémonial de notre gang qui se retrouve à 48, au moins, pour dérober un bien maigre butin (pour 30.000 dollars, t'as que dalle, surtout divisé par 48...). Le coup finit en cul-de-sac et on enquillera, après ce moment grave et sentencieux, sur un petit air de comédie à la bonne franquette, les gangsters repentis se retrouvant autour de notre pauvre George à attendre la naissance du bébé (c'est comme le début du Péril jeune, fois 12). Ces variations de genre ont un certain charme en soi - c'est original, surtout - mais l'issue est tellement doucettement moralisante (ouah, cool, un méga happy end) qu'on reste quand même un peu sur notre faim (le petit noir avec cinq sucres, c'est un peu sirupeux à avaler)  ... Encore un homme sauvé par l'amour, ça devient un peu lourd. Bon, allez, c'est mignon, disons, pour rester sur une bonne note...