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Ce n'était sûrement pas une bonne idée d'enchaîner, dans la même journée, deux adaptations théâtrales au cinoche, mais après le Preminger (The Moon is blue), ces Parents terribles me sont totalement tombés des yeux... Avec tout le respect que je dois au gars Cocteau, on a quand même l'impression que son film date d'un autre âge, soit bien deux cents ans avant la Nouvelle Vague. Ne nous acharnons point, en particulier, sur ce film, finalement assez typique de la production française d'après-guerre, mais reconnaissons que l'ensemble est quand même plutôt poussif et poussiéreux, voire terriblement ennuyeux à suivre sur quatre-vingt-dix minutes... Et pourtant, pourtant, on sent que Cocteau se plaît à varier constamment ses angles de prise de vue, en évitant soigneusement le champ/contre-champ systématique (ça démarre notamment avec quelques plans en plongée plutôt originaux, les gros plans sont par la suite assez bien amenés, et le montage est, dans l'ensemble, relativement fluide et efficace), les acteurs se donnent à fond (Yvonne le Bray est sans doute le personnage le plus émouvant (superbe passage sur la fin lorsqu'elle essaie de "deviner", en imagination, ce qu'est en train de faire son fils); beaucoup plus de mal en revanche avec Jean Marais dans ce rôle de fils à môman ultra maniéré...) mais cette ambiance anxiogène nourrie de plaintes, de pleurs, de lamentations, de désespoir, de jalousie, de frustration, ... franchement, cela devient rapidement gavant... Quant à l'histoire de ce pater ultra pathétique qui ne veut po laisser partir son fils avec la petite jeunette qu'il a levée, et de cette mère toute désespérée de voir son fiston, à vingt-deux-ans, tomber amoureux... Ca va bien deux minutes, mais quarante-cinq fois plus ? Bref, le bazar m'a vraiment mis en rogne, hier, j'avoue (mais je m'en suis remis, rassurez-vous) - vraiment pas ma tasse de thé, sur toute la longueur. Mais je ne suis pas rancunier envers l'ami Cocteau, nan, ce serait mal me connaître; juste une petite brouille qu'il faudra rapidement oublier.    

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