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A moitié convaincu par ce style très clinique de Schmid (caméra à hauteur d'hommes avec son petit lot de zooms pour faire genre reportage - merci 24) qui réalise un film bien trop lisse sur le procès d'un responsable de terribles exactions en ex-Yougoslavie. On a droit à un personnage principal, la procureur, femme au taquet qui se bat pour faire éclater la vérité, toute la vérité face à la lourde machine judiciaire de la Haye - ah là là ces institutions européennes, que de tractations en couloir 19228409_w434_h_q80pour un résultat souvent si maigre... C'est bien gentil tout cela, de mettre face à face une pauvre victime qui risque sa vie et sa famille pour faire condamner un méchant militaire, mais tout cela manque de recul et reste finalement un peu au ras des pâquerettes pour nous donner une vraie vision d'ensemble sur les enjeux : deux petits individus - la procureur et la victime - ne pèsent po bien lourd face à ce gros machin tenu par des fonctionnaires et ces méchants responsables politiques qui ont pris le pouvoir, mais tu vois avec un peu de pugnacité tout est toujours possible... (cela peut paraître un peu simpliste comme résumé mais la référence faite à Rocky au cours du film tend à ne pas voir beaucoup plus loin). Le film de Schmid part d'un bon sentiment, et on ne peut lui reprocher sa direction d'acteurs ou la construction de son récit, c'est juste que sa volonté apparente de montrer ce qui se cache derrière les rouages de cette institution européenne n'aboutit qu'à un maigre constat purement manichéen dans lequel il ne prend po vraiment de risques - c'est pas vraiment une nouveauté de nous dire que certains criminels de guerre parviennent à passer entre les mailles du filet pour des raisons politiques, ou que la machine administrative européenne manque de souplesse - super Schmid, ouais moi aussi je suis d'accord... Le film n'est pas déplaisant en soi à regarder, c'est juste qu'à force de manquer d'aspérités dans le fond comme dans la forme, on a finalement bien du mal à s'y accrocher...  - sauf Télérama, forcément.

storm