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Voilà un film qui ne risque pas de révolutionner le film musical, mais qui a permis, en passant, à Jeff Bridges de remporter un Oscar loin d'être démérité. Se fondant dans son rôle comme un glaçon dans un verre de whisky, le Jeff semble dans ses charentaises pour interpréter ce magnifique loser, un bon vieux chanteur de country mâtinée de blues; il a encore dans chaque bled traversé une poignée de fans dont la grande majorité est née avant Hervé Vilard. Cela lui permet de continuer à tourner dans des chambres d'hôtel miteuses, de se tirer en passant la groupie la plus liftée du coin et d'assurer gentiment son petit set peinard, sauf quand il lui prend l'envie de vomir en plein milieu d'une chanson - les légendes sont pas non plus toujours obligées d'être irréprochables. Car si notre ami a continué de garder sa voix et le sens du rythme, il faut reconnaître que niveau crazy_heart_poster_01picole, là non plus, il ne semble jamais avoir vraiment baissé en intensité... Ca fait toujours plaisir d'avoir un bon vieux héros alcoolo qui fume comme un pompier mais le Jeff risque de finir un jour par s'en mordre les doigts (Non? Si.). Un miracle étant toujours possible, le Jeff a fait la connaissance de la chtite Maggie Gyllenhaal dont les grands yeux innocents l'ont noyé - elle a déjà un gamin et semble prête à accepter dans sa vie ce gros ours assez bien léché - une sale haleine mais sinon ça va - qui après quatre mariages foireux aspire à un poil de tranquillité... Malheureusement le Jeff, s'il retrouve l'inspiration, ne va pas mettre le holà sur la bibine et cela pourrait bien lui être fatal... Le scénario est à partir de là méchamment convenu - ma femme devinait dix minutes à l'avance chaque séquence, c'était terrible (roooh nan pas la scène avec les alcoolos anonymes par pitié, nann naaaaannnnn, "Bonjour, je m'appelle Jeff..." rahh, trop tard, c'est fait...) mais on se laisse confortablement bercer pendant deux heures par les chansons bien troussées du bazar, et hypnotiser par le regard voilé d'un Jeff qui joue l'une de ses dernières cartes. Cela ne va pas guère chercher plus loin, certes, mais on ne s'attendait pas non plus à un remake de The Wall. Peinard et paisible, le Jeff, à la "hauteur du film". (Petit riff de guitare pour conclure de façon bluesy).

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