vlcsnap_2010_04_21_21h12m56s35Je sais, je cherche un peu le bâton pour me faire battre : une film avec Ludivine Sagnier et Nicolas Duvauchelle ne peut pas être un bon film, au temps pour moi. Je ne pensais tout de même pas que je tomberais aussi bas : Une Aventure est un navet navrant. Il permet toutefois d'avoir un bon aperçu de tout ce que le cinéma français peut avoir de détestable quand il fait du cinéma français. Tous les clichés sont là, depuis la jeune comédienne concernée jusqu'au scénario psychologico-profond à deux boules, depuis la musique contemporaine et urbaine jusqu'à la scène de cul vachement inspirée, depuis l'histoire d'amour passionnelle jusqu'à la scène de boîte de nuit. On ne cesse de se cogner la tête contre le coin de la tale basse devant cette succession de scènes "à faire" qui n'aboutissent qu'à un lourdissime cahier des charges chiant et ridicule.

vlcsnap_2010_04_21_20h08m50s233Giannoli hurle du début jusqu'à la fin qu'il veut être un cinéaste français, comme Assayas et Ozon. Il recopie donc en tirant sa langue et sans déborder les atmosphères nocturnes et parisiennes de l'un, les tendances troubles de l'autre, sans se rendre tout à fait compte qu'il faut un minimum de sincérité pour avoir du style. On assiste donc à la passion grandissante entre Duvauchelle, aussi crédible en jeune homme sage que moi en Mohamed Ali, et Sagnier, censée jouer une somnambule suicidaire et déjantée et qui, pour ce faire, tire une tronche de 12 mètres de long (on lui a peint des cernes au marqueur). Giannoli pense trouver une moyenne entre l'inexpressivité de l'un et le jeu clownesque de l'autre ; non, il n'obtient que deux acteurs complètement à côté de la plaque, et grotesques dans tout ce qu'ils amènent de clichés à leurs personnages, qui n'en avaient pas besoin pour être caricaturaux. Cette histoire de fascination d'un jeune garçon comme il faut pour les eaux troubles de l'amûûûr interdit est une simple suite de situations convenues, déjà vues, soutenues par vlcsnap_2010_04_21_22h56m02s202des dialogues qui se veulent évocateurs quand ils ne sont que poseurs. Seule bonne idée : la passion de Duvauchelle naît d'abord et surtout à travers l'image (il travaille en vidéothèque, et tombe plus amoureux de l'image de Sagnier que d'elle véritablement). Quand Giannoli s'attarde sur ces images vidéo un peu crades, sur ces plans nocturnes pris en caméra infrarouge assez effrayants, sur ce maelström de formes, on sent qu'il touche du doigt un vrai sujet. Mais ce n'est qu'une infime partie du film, tout le reste constituant une tambouille psychologico-solennelle complètement superficielle et vaine. On rigole franchement devant les mines de Sagnier (sa première apparition, trempée sous une pluie battante, est impayable), on a sans cesse pitié pour ce pauvre Duvauchelle qu'on n'entend pas (allez, mon garçon, dis quelque chose, ou bouge au moins un sourcil), et on se retrouve consterné par ce non-film prétentieux et stéréotypé.