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Dès le prologue, où Kim Ki-Duk nous rappelle gentiment que la péninsule coréenne demeure le seul pays encore divisé, on sent venir la lourde parabole sur ce thème - la séparation, les dangers de la militarisation...: on ne se trompe guère. On suit donc les aventures du soldat Kang sur cette fameuse côte coréenne, soldat qui, avec une vingtaine d'autres, doit décimer tout espion s'approchant de cette jolie plage en été. On se dit que cela pourrait se transformer en une version coréenne du Désert des Tartares, pas vraiment, vu qu'on ne va pas tarder à avoir de l'action; des branle-manettes de civils jouent un peu avec le feu en allant dans une zone interdite, et notre soldat Kang, super au taquet, de lui foutre une rafale de mitraillettes toute fumante dans le dos : notre type est forcément a545574d5d5ca88f641561724f0ccb0f_lsurpris vu qu'il était en train de se taper sa gonzesse, mais le calvaire n'est point fini, notre civil explosant littéralement à l'impact d'une grenade judicieusement lancée par Kang - ouais le sang, Kim, ça le gène po trop, on le connaît maintenant. La pauvre gonzesse va en être toute retournée - se transformant à partir de là en nympho un peu neuneu - quant au Kang, il ne va pas tarder à péter grave un boulon. Décoré pour son acte (ben ouais, il a protégé la zone...) puis mis à pied (il devient dangereux avec un flingue quand même), notre Kang perd totalement la tête et attaque sa propre base... Après avoir assisté à l'opposition entre les civils (pas vraiment contents de la mort de leur pote) et l'armée, les militaires se mettent eux-mêmes sur la gueule : difficile, quand on voit deux Coréens se fighter ou se mettre respectivement en joue, de po y voir un petit symbole... Cette société militarisée à outrance s'autodétruit, et la dernière image, sur ce terrain de tennis-ballon séparé par un barbelé avec la carte de la Corée dessinée (subtilement...) au sol avec de petits cailloux (et les barbelés de disparaître et les joueurs d'être tout jouasses avec leur baballe - 2002, c'était en plus la Coupe du Monde, si je ne m'abuse... c'est ça), enfonce lourdement le clou : ce serait tellement mieux si les barrières dispa... ça va, on a compris... Mouais parce que pour faire passer le message, Kim ne fait pas toujours dans la dentelle et se complaît dans la mise en scène de cette violence sauvage (des militaires écervelés qui se flinguent, c'est marrant deux minutes mais bon) ou la folie douce "sensuelle" (une gonzesse écervelée qui se tape la moitié des troupes, euh, est-ce bien nécessaire...?); le cinéaste frôle même parfois l'image érotique mâle bas de gamme (allez traine-toi dans la boue soldat, plante ta tête dans le sable et remonte bien ton body...) et cet esthétisme publicitaire facile vient méchamment parasiter le discours de fond (qui demeure, déjà, bien superficiel...). Bref, si  les tenues de militaire vous troublent et que vous trouvez trop dommage que la Corée soit séparée, ce film est pour vous. Sinon vous pouvez aisément zapper ce titre dans la carrière du Kim.    

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