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Toujours un vrai régal de retrouver ces films où les acteurs se retrouvaient "au centre de l'histoire", surtout quand, en la matière, il s'agit d'un Mastroianni aussi à l'aise dans la comédie, les coups de sang que pour faire passer l'émotion et une Sophia Loren incandescente, qu'elle joue les femmes-enfants (elle ose, à la trentaine, lors d'une courte scène, incarner une jeune fille de... 17 printemps), les prostiputes (habillée de haut en bas en... bas, Catwoman peut aller se rhabiller) ou les femmes mûres responsables. Le duo fonctionne à la perfection, même si le film de De Sica ne jouit point d'une mise en scène particulièrement transcendante : on retrouve tout de même chez le cinéaste cette petite patte qui nous mène de la comédie romantique à la petite larme : pour se mariage_italienne_08faire, il nous faudra assister à ces crises de folie douce et autre coups de gueule "à l'italienne" où plus nos deux duettistes se font la guerre, plus ils parviennent à titiller nos zygomatiques. Mastroianni incarne le pire des machos - son personnage est, dans le fond, totalement imbuvable - mais il le fait avec une telle légèreté, une telle mauvaise foi que le monstre dans ses emportements parvient non seulement à être drôle mais finit même par réussir à être touchant; incarner un personnage aussi antipathique sans se mettre le spectateur totalement à dos, c'est quand même tout un art. Sophia Loren, la trentaine épanouie et libérée, parvient à passer de la donzelle à la sensualité exacerbée (avec les tenues les plus olé-olé et des séquences qui ne font pas monter que la tension - sa descente de bus par la fenêtre, les gambettes gainées, mamma mia !) à la femme à poigne responsable et digne en un clin d'oeil, à tel point que parfois elle est presque méconnaissable d'une séquence à l'autre : les cheveux courts et le regard apeuré, la tignasse rousse et des yeux de tigresse, la coiffure sage et les yeux cernés, elle se fond dans chaque personnage avec un naturel étourdissant.

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Prête à tout pour se faire épouser, elle commence par faire croire à ce mufle de Mastroianni qu'elle est à l'article de la mort, prend celui-ci, dans un premier temps, au piège avant de tenter de jouer sur la corde sensible - il n'en a qu'une, le reste de son être étant un fatras d'égoïsme pur. La belle époque de la romance est loin derrière, et les deux personnages de partir en vrille à grands renforts d'insultes et de petites phrases caustiques ("Il ne peut pas avoir un infarctus, il n'a pas de coeur"; "je n'ai jamais pleuré : pour cela il faudrait que j'aie connu ce qu'est le bonheur et l'avoir perdu" lance - grosso modo - la Sophia remontée comme une pendule à un Marcello qui en fait des tonnes pour fuir ses responsabilités). Vittorio de Sica ne retrouve peut-être pas la subtile finesse de ses premières oeuvres, mais on aurait bien tort de bouder cette comédie des sixties où les comédiens s'en donnent résolument à coeur joie... pour la nôtre. 

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