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La pivoine rouge n'est en rien la femme de la tulipe noire bien qu'elle soit aussi téméraire. Ce premier volet d'une série de huit films s'étalant entre 1968 et 1972 est certes assez séduisant esthétiquement - cadres et décors soignés : jolies toiles peintes au fond du studio -, ainsi qu'au niveau de l'interprétation (belles présences et prestances de, notamment, l'inénarrableTomisaburo Wakayama en bouffon et de Ken Takakura en chevalier servant de la belle...), mais n'a pas de quoi non plus déchaîner les passions. Passée une petite période d'adaptation aux différents personnages et clans, on a peu de mal à suivre la trame : Lady Yakuza est à la recherche d'un homme pour venger la mort de son père, voilà, c'est clair. La donzelle n'hésite jamais à faire tomber un pan de sa veste pour exhiber son joli tatouage sur l'épaule - l'érotisme s'arrête là, pour l'instant -, se plaît à jouer les intermédiaires pour régler les tensions entre les clans ou les affaires privées - 1268246791_poster_lady_yakuza3exposant sa vie ou sa vertu (en jouant aux dès) - et, en dernier ressort, sait se servir de son pistolet - mouais c'est décevant, quand même, par rapport au sabre - ou de sa dague - ah ben oui, tout de même. Elle ne tarde pas vraiment à remonter la piste du félon mais ce dernier s'en sortira pour laisser un minimum d'intérêt aux sept épisodes suivants... Elle perd en route certains de ses fidèles compagnons, mais on ne se fait pas trop de souci pour elle dans l'avenir : vus son joli minois et sa cause, elle ne devrait pas à avoir de mal à séduire un autre type honnête et droit... Malgré la précision de certains cadres joliment équilibrés (avec notre héroïne au centre) et la beauté des éclairages, on reste un peu sur notre faim au niveau de la scène quelque peu figée - beaucoup de discussions un peu rébarbatives avant qu'on ait droit à une petite scène d'action - et même le final avec attaque à la dynamite et coups de sabre sanglants n'a vraiment rien d'impressionnant et d'inoubliable. Yamashita ose deux-trois petites pointes comiques (Wakayama, en gros chef de clan à la fine moustache, qui se plante de nom en s'adressant à l'un de ses yakuzas ou dans le proverbe qu'il cite) mais le ton reste dans l'ensemble assez grave, à l'image du faciès de sa Lady qui répète haut et fort et sérieuse comme un Pape qu'elle se considère comme un homme (OSS 117 se marre en sourdine) et qui a bien du mal à se dérider... Cette série s'annonce, comme il se doit, avec des hauts et des bas, espérons que la Lady saura gravir la colline avec un peu plus de fantaisie.      

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