photo_23_hiresEncore une daube à mettre sur l'ardoise de Milla Jovovich, et si elle essaye de nous faire croire dans The Fourth Kind qu'elle a été enlevée par des aliens, on est sûrs au moins que ceux-ci ne sont pas cinéphiles. Film d'horreur qui surfe sur une vague shyamalanesque matinée d'un brin de Blair Witch, ce truc est proprement ridicule, et flirte même souvent avec des théories fumeuses pas très loin de celles de la scientologie. Osunsanmi (je comprends que le réalisateur ait voulu prendre un pseudo, mais moi j'aurais choisi un truc plus facile à porter) sue sang et eau pour nous faire croire à son histoire, et est même épaulé dans une intro déjà hilarante par Milla elle-même qui nous annonce que tout ce qu'on va voir s'appuie sur des faits réels : dans une ville de l'Alaska, des gens disparaissent. Une psychologue, travaillant sur l'hypnose, met à jour un fait incroyable, vi, vi, vi, il s'agit bien d'enlèvements d'extra-terrestres, preuves à l'appui. Oui, car pour étayer sa thèse, Osunsanmi monte, en parallèle de ses scènes de fiction, des enregistrements "réels", vidéo et audio, à grands coups de split-screens : on assiste souvent à la juxtaposition de ces enregistrements et de la même scène jouée par les acteurs du film. Ca hurle, ça casse des lampes de chevet et ça flotte à deux centimètres du sommier comme c'est pas possible, on ne peut pas dire que l'équipe s'économise.

photo_15_hiresSi les acteurs "réels" n'étaient pas encore plus mauvais que les vrais, on pourrait se laisser aller à croire à cette ridicule histoire digne d'un geek défoncé aux amphètes. Mais tout ça sent tellement la fabrication, on voit tellement les cables, qu'au bout de 37 secondes environ on déniche la supercherie. Le film joue avec cette croyance ancestrale de l'envoûtement inconscient de toute une population par des aliens, y ajoutant sans vergogne des motifs mystiques à la con (un langage pré-sumérien, dont on nous apprend d'ailleurs qu'il était parlé "avant la naissance des hommes"... mais par qui, alors, putain ?), un brin de psychologie tiré de la page centrale de Femme Actuelle, et la psychose globale du complot. Ron Hubbard se frotte les mains et fait péter les bulletins d'inscription à la dianétique. Le résultat est un pompeux nanar de série B, mal joué, mal monté, jamais effrayant, jamais crédible, mais tout à fait sûr de son sérieux : il faut voir pour le croire ces acteurs à la machoire serrée tenter de nous faire croire à leur empathie devant une Milla Jovovich qui leur explique qu'un alien a foré son dos et revient la voir sous forme de chouette. Reste à souhaiter que ce film ne sorte jamais au cinéma (comme ça semble être le cas, vu le bide critique de la chose), il y aurait bien quelques personnes pour prouver que tout y est vrai.