The_Box_Richard_Kelly_560x330_BOX_DAY29_03426Bon, ok, d'accord, d'accord, j'arrête de me faire du mal et de regarder les films de Richard Kelly. Je pensais que, fort de la réussite de Donnie Darko, on pouvait lui pardonner le minable Southland Tales. Mais, non, je viens de le vérifier : Richard Kelly est mauvais. Son nouvel opus, The Box, est pratiquement aussi prétentieux, pompeux et nul que Southland Tales, ce qui relève d'une belle constance. Ca commence comme un épisode de Twillight Zone : un couple reçoit chez lui une boîte avec un poussoir ; le dilemme : s'ils poussent le bouton, quelqu'un mourra, mais ils recevront un million de dollars. Ca semble torturer leur conscience, et déjà on ne comprend pas bien : n'importe qui aurait appuyé 239 fois sur le bouton en rigolant, mais Cameron Diaz, non, elle est humaine et a lu Sartre (cachet philosophique du film), et elle hésite.

the_box_richard_kelly_cameron_diaz_james_marsden_41La suite est un interminable nanar ésotérique, qui mèle une scientologie puérile et des concepts de science-fiction ringards. Entre intervention divine, vagabondages dans l'au-delà et essai philosophique niveau 6ème pro, Kelly est très fier de la profondeur de son film. mais celui-ci ne rime à rien : laid, con et imbu de lui-même, il ne fait qu'aligner des scènes inutiles et sérieuses comme tout en lieu et place du gros gag qu'il aurait dû être. On finit par rigoler franchement de ces sentences sépulcrales assénées par des ombres de personnages, en s'affligeant quand même de constater combien Kelly voudrait être Lynch : il s'évertue à brouiller les pistes, à tenter de nous surprendre avec des décrochages d'atmosphères ou des séquences montées dans un ordre aléatoire, conavincu que la complexité remplace le manque d'idées, misant tout sur un certain snobisme ambiant qui tend à dire que "moins c'est clair, meilleur c'est". Cette sophistication ne cache jamais le vide complet du propos, et on baille d'ennui devant ces 110 minutes inutiles et pompières. Twillight Zone, Richard, ça durait 25 minutes, et c'était fun et modeste.