The_Lovely_Bones

Après l'histoire d'une bague qui dégénérait en conflit quasi nucléaire et l'histoire d'un grand singe poilu en colère, Peter Jackson s'attaque à la pédophilie... Aïe, vous allez me dire, a priori, en ayant pourtant la chance de ne pas l'avoir vu. Une gentille donzelle de 14 ans, Susie, a l'occase d'avoir son premier flirt avec l'un des types de David et Jonathan (jamais fait la différence entre les deux), mais son méchant voisin qui avait tout l'air d'un simple buveur de bière (...) va la kidnapper et l'assassiner...  Notre pauvre Susie, avant d'avoir droit au Paradis, va se retrouver "in between" (dixit son petit frère), gardant un oeil sur l'enquête qui patine. On se croirait dès le départ dans un mauvais Stephen King ou un mauvais Marc Levy, pardon, un Marc Levy, et on n'a pourtant pas encore assisté au pire : Susie est projetée dans un monde parallèle qui ferait passer Tim Burton pour un daltonien, un genre de bric à brac d'images d'Epinal féeriques issues tout droit de l'imagination d'un môme de 3 ans; ça dégouline de poncifs, c'est d'un mauvais goût colorisé rarement égalé, à tel point qu'on finit par se demander si l'auteur des effets spéciaux ne s'est pas inspiré du monde de Barbie - des années 70, au moins... C'est esthétiquement affreux de bout en bout, le fond (ces petits anges assassinés heureux maintenant qu'ils sont au ciel...) est mielleux en diable, et que dire de la résolution ultra poussive de l'enquête qui nous ferait presque regretter ce bon vieux Sherlock Holmes downeyrisé (en deux secondes, il aurait mis le gars sous les verrous, on aurait gagné notre aprème). Comment Peter Jackson, avec tout le respect, malgré tout, qu'on lui doit (voyez, je reste ouvert)) en est arrivé à réaliser une telle bouse ? C'est la question qu'on est en droit de se poser deux heures durant, cherchant bêtement un truc à sauver là-dedans... Non, franchement rien, on a même droit parfois à des parenthèses, dans l'histoire, pseudo-comiques qui frisent le pire des ridicules (cette pauvre Susan Sarandon en grand-mère alcoolo qui s'occupe du foyer pendant que les parents dépriment, genre Mary Popins crade... Effarant... et j'en passe). La bande musicale - roh les chansons à deux balles - est heureusement au diapason, et lorsque le générique survient, on est persuadé d'avoir assisté à un des gros ratages de l'année. J'ai mon quota de grosses productions américaines pour l'année, c'est déjà ça de fait.

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