l_armee_du_crime_2009_16792_1099179616

Bien après une ultime semaine de taff échevelée, un bon petit mois de pause, pour cette nouvelle année chinoise qui s'annonce, réellement salvateur. Ca démarre un peu mou avec ce dernier film de Guédiguian, guère attaquable, "dans le fond", dans cette volonté de montrer le rôle actif joué par "les Etrangers" (juifs roumains, Polonais, Hongrois, Arméniens, Espagnols, Italiens...) pour défendre les idéaux de la France contre l'Occupation nazie. Le travail est propre, sans forcément trop de fioritures dans la reconstitution, et le film bénéficie d'un casting qui se tient relativement bien (en particulier une poignée d'acteurs au taquet : Simon Abkarian dans le rôle de Manouchian, leader charismatique capable de faire passer les (trop rares) moments d'émotion, Grégoire Leprince-Ringuet toujours impeccable dans ce rôle de jeunot juif franc-tireur et surtout l'inénarrable Jean-Pierre Darroussin impressionnant en flic goguenard qui, sans avoir l'air d'y toucher, est pourri jusqu'à la moelle - le parfait collabo sans affect). Bref, on passe deux heures plutôt agréables à découvrir les dessous de l'époque et les faits d'arme de cette armée du crime, parfaitement organisée quand il s'agit de frapper l'ennemi. Agréables, disais-je, mais aussi au final terriblement molles comme si Guédiguian avait toutes les peines du monde à nous faire vibrer, aussi bien au niveau de l'émotion que dans les scènes d'action. Ces dernières, diverses pourtant avec leur lot d'assassinats et d'explosion en tout genre, ont beau être gonflées par les thèmes musicaux, elles n'en demeurent pas moins d'une platitude étonnante, semblant presque être taillées sur mesure pour Un Dossier de l'Ecran d'un autre siècle... Guédiguian ne brille guère plus à générer des émotions, se raccrochant au mieux aux gros plans sur ses acteurs... On sent une réelle volonté de s'en tenir aux faits, mais la mise en scène est définitivement plus proche de celle d'un épisode de feuilleton à gros budget que d'un réel film d'auteur... Bref, on le sent sérieux comme un pape quand il s'agit d'évoquer cette "période de gloire" du communisme, mais le moins qu'on puisse dire c'est qu'il s'efface totalement derrière cette caméra. D'où cette sensation d'assister à une oeuvre qui n'a rien d'un ratage mais qui peine vraiment à susciter, au final, un véritable enthousiasme. A voir, quoi, mais sans rougir... de plaisir.   

G16792_269806087