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Oh ben po brillant le bazar, pas loin d'être ce que j'ai vu de pire ces derniers temps, même... Je vous la fais courte : John Keats habite chez les Brawne. Il est coiffé comme Ariel Wizman, n'a guère plus d'humour mais il écrit comme un Dieu - même si personne ne s'en rend encore vraiment compte (du coup il est tout pauvre). La fille Brawne, Fanny, résiste mais ne peut empêcher son petit coeur romantique de tomber amoureux romantiquement de ce romantique... Quand ils s'embrassent, ils mettent même pas la langue, quand ils se voient, ils ont tellement rien à se dire qu'ils se récitent les poèmes du Keats, quand ils sont séparés par un mur, ils collent leur main chacun de leur côté pour qu'elles communiquent, leurs petites mimines (ouais ben ça brightstarmarche, bien sûr), quand ils sont loin loin loin l'un de l'autre, ils s'écrivent des lettres super enflammées et vachement plus poétiques que des sms : quand Fanny reçoit une lettre, elle est en joie et garnit sa chambre de papillons, quand elle a po de nouvelles, elle est toute triste et les papillons ils meurent (doit y avoir un symbole dans le papillon, mais j'arrive toujours pas à mettre le doigt dessus). Campion remplace le piano par du violon, mais on reconnaît quasiment la même mélodie que dans son film gris sur la plage. L'amourette est cucul la praline comme pas deux, mais c'est attendez po encore fini, partez pas : Keats a un manteau en pelure d'oignon et se choppe une sale grippe - même pas vacciné l'andouille... ah ça pour faire le mariole et écrire des trucs sur la Nature, ça y va; mais la Nature, mon vieux, c'est pas que des rossignols et des feuilles automnales, faudrait peut-être pas l'oublier ça, doux rêveur ! Bref, il crache du sang et franchement l'idylle est mal engagée. A peine le temps de se faire des promesses de mariage et voilà le Keats qui meurt à vingt-cinq ans - faut dire aussi qu'il toussait rude ces derniers temps. C'est filmé plus platement qu'une table à repasser, les deux amants ont autant d'épaisseur que l'illustration du classeur d'une collégienne en sixième, c'est affreusement poussif dans le rythme et dégoulinant dans le fond : Campion voudrait nous faire croire qu'il existait déjà au début du XIXème siècle un pays aussi merveilleux que Casimir, avec Mr François et Julie qui parleraient en rime, même quand ils rêvent... Je t'y mettrais pas une étoile, moi, ni même un lampion. Au secours.

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