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La première idée de Bolt repose sur un postulat qui va à l'encontre de toutes les théories B*sti*ennistes sur le sujet : l'animal est capable d'éprouver tout un panel d'émotions et pour le rendre le plus vrai possible à l'écran, il suffit de lui faire croire que la situation dans laquelle il joue est réelle. Notre Bolt se retrouve du coup dans une sorte de Truman Show canin, enfermé constamment dans sa loge pour lui faire croire qu'il a vraiment de super-pouvoirs pour pouvoir sauver sa jeune maîtresse - cela oblige à tourner en temps réel de longs plans-séquences, petite gageure cinématographique et ironique vis-à-vis d'un dessin animé. La seconde idée un peu caustique, c'est de mettre un hamster -qui reste littéralement "dans sa bulle" - dans le rôle du couillon de fan hystérique et crédule qui confond cinéma et réalité - ressort scénaristique déjà exploité récemment, certes, dans Nurse Betty avec Renée Zellwegger dans le rôle du hamster. Enfin, vers la fin du film, le Bolt se rend compte qu'en son absence, une star, qu'elle ait du chien ou non, est facilement interchangeable selon les caprices des producteurs. Roh, c'est po vraiment méchant et cela ne dure qu'un temps, le film retombant toujours sur ces (quatre) pattes pour transformer notre Bolt, au final, en Lassie, chien courageux et fidèle. Ultime trouvaille assez bien vue, celle de prendre le sosie de Lionel Jospin en agent putassier qui tente de persuader son actrice avec de jolis discours - dure, Lionel, la reconversion même à Hollywood. On reste sinon, il faut tout de même bien le reconnaître, sur une trame ultra-classique avec traversée d'est en ouest des Etats-Unis, parcours initiatique un poil inversé (Bolt réapprend à devenir un chien... ouaf) et happy end cucul la praline qui fait monter de petites nuées de larmes. Proutouie est resté coi, Tora - le chat - a dormi mais les petites nenfants devraient apprécier les nombreuses aventures animalières sans que les parents s'endorment sur leurs épaules. Un Disney réglo quoi.   (Shang - 07/02/09)

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Je ne vois franchement pas quoi rajouter au texte du gars Shang, exhaustif et bienveillant. Pour moi, je n'aurais même pas trouvé deux lignes à écrire sur ce dessin animé absolument normatif, qui ne raconte rien d'autre que le message habituel de Disney depuis 70 ans ("deviens ce que tu es, vénère la famille, la vraie beauté est dans le coeur, si tu veux tu peux", ce genre de lieux communs). C'est laid, on y est habitués dans ce genre de film vite fait et lissé à l'ordinateur, avec cette fois une galerie de personnages principaux particulièrement antipathiques : une fillette dans le vent qui agace dès ses premières apparitions, un chat mal dessiné, et surtout Volt le chien, trop adulte, trop sombre, doté d'une voix trop grave (Anconina en français, Travolta en VO) qui le rend désagréable et annule sa sorte de retour à l'enfance de la deuxième partie. Comme toujours, les personnages secondaires sont bien mieux, ici une bande de pigeons aux accents variés, animés à la perfection et très rigolos. Il y a également toujours ce côté putassier des films Disney, qui fait semblant de fustiger quelques travers sociaux pour mieux les utiliser : on se moque gentiment du hamster-geek prisonnier de la fiction, et on aimerait bien que le môme dans la salle fasse la même chose ; on appuie sur l'ambiance concentrationnaire dans laquelle baigne le chien, et on rêverait visiblement d'un monde aussi lisse (en attestent les premières scènes d'action résolument dans le rang, froides et calibrées comme si elles sortaient d'une chaîne de montage). Les réalisateurs font semblant de s'émouvoir quand Volt redevient le chien qu'il n'a jamais été, mais on les sent beaucoup plus proches de cet agent jospinien sans scrupule que de la mièvrerie rurale de ces séquences. Ca va, ne nous prenez pas pour des ânes, non plus.

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Reste que le film se regarde, on est d'accord, voire même s'écoute, puisque la chanson-clé est énorme ("Un chien, un chat, et un rongeuuuur, c'est la recetteu du bonheuuuuur", ah bon ?). Mes neveux adorent, je peux pas lutter.   (Gols - 26/12/09)