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Après le très indigeste Lady Vengeance, j'avoue que j'attendais plus grand-chose du gars Park. Ce qu'il y a finalement de plus surprenant dans Thirst, c'est que le film arrive auréolé du Prix du Jury à Cannes, alors que franchement, dans le fond, il s'agit vraiment d'un petit vin de soif. Une sempiternelle histoire de vampire avec cette fois-ci dans le rôle titre, un prêtre (Song Kang-ho, le Droopy coréen) qui, après avoir voulu testé un vaccin, devient "immortel"; c'est plutôt assez ironique, à tout prendre, d'autant que notre homme va connaître tout d'un coup une explosion des sens, tout en restant finalement d'un humanisme forcené... Le pêché de chair ne semble, en 19143130gros, pas vraiment le gêner, ce qui le titille le plus, c'est de fracasser des vies humaines pour épancher sa soif. Il parvient à se maîtriser - piratant le sang de comateux (!) ou se faisant ici ou là une petite poche de sang (Donnez votre sang, qu'ils disaient!) qu'il conserve dans son frigo - jusqu'à ce que sa compagne devienne vampire à son tour. Celle-ci déguenille tout ce qu'elle croise et notre Prêtre de vouloir mettre fin à leur couple diabolique en "consumant" de bien belle façon leur amour (une séquence finale, genre les retraités vampires au lever du soleil, assez rigolote et presque touchante). On est chez Park, donc on aura droit à notre lot d'horreur - cette affreuse peste bubonique II -, d'hémoglobine (un truc à vous dégoûter de jouer de la flûte à vie... on ne fonctionne plus par litre mais par seau à ce niveau-là), de violence gratuite (oh pardon chéri, je viens de te péter tous les doigts et de te foutre en miette ton radius)... Mais tout cela se passe sur un ton relativement badin et Park sait distiller ici ou là une bonne petite dose d'humour absurde (la force surhumaine de notre couple phare quand ils soulèvent la mère omnipotente sur son fauteuil (le déglinguage du réverbère dans la rue, également - ça sert à que dalle mais je me marre encore), l'ex-mari de la femme qui vient hanter leur relation après sa mort, les faciès souvent inexpressifs de nos deux héros en total décalage avec des situations absolument terribles,...). Bref, c'est gentiment fendard et comme le gars Park - qui ne peut s'empêcher de nous servir des mouvements de caméra ultra alambiqués juste pour le fun - n'a pas l'air de se prendre vraiment au sérieux, on lui pardonne gentiment cette pochade vampirique qui ferait passer l'anémique Twilight pour un épisode de Dracula chez les Schtroumpfs. Une histoire de vampires modernes "fusionnels", pas pire qu'une autre, mais qui demeure aussi consistante que du vent, pour être tout à fait franc.   

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