18844649_w434_h_q80Southland Tales n’est pas loin de ce que j’ai vu de pire ces derniers temps. Il a fallu un an à Richard Kelly pour remonter son film et l’amputer de 17 minutes, mais franchement, à part en tourner un autre, je vois pas bien ce qu’il y avait à sauver. On pense partir sur un film de science-fiction avec cette attaque atomique en terre américaine, puis sur un thriller politique avec des élections décisives en Californie...cela bifurque ensuite vers le loufoque via des dialogues complètement absurdes avant qu’on fasse un tour vers le film d’action, ah pis tiens un clip...finalement on se rend compte qu’en fait c’est tout simplement du pur foutage de gueule. Après le troublant Donny Darko, Kelly a de gros moyens mais il fait littéralement n’importe quoi. J’aurais dû zapper au bout du vingt minutes si ma conscience professionnelle n’avait point fait des siennes... La trame s'achève péniblement avec une histoire dans une quatrième dimension spatio-temporelle, responsable du dédoublement de deux personnes et on a même droit en prime au héros christique capable de sauver le monde... on reste ébahi devant une telle connerie prétentieuse. Le péché mignon du film reste quand même la distribution, chaque acteur étant totalement en roue libre. La palme pour The Rock qui joue comme un cochon (on dirait moi au billard lundi, ou plus généralement, moi au billard) et avec, en bonus, dans ce casting hétéroclite, CHRISTOPHE LAMBERT, en vendeur d’armes – c’est peut-être le seul dont on puisse dire que c’est son meilleur film depuis 20 ans… en tout cas pas le pire… Exactement à l’image des donzelles : clinquant mais creux. Point étonnant que le film tarde à sortir en France tant il devrait se faire démolir. A éviter ou alors vraiment si vous avez fumé toutes vos réserves juste avant.   (Shang - 12/03/08)

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Je ne me souvenais pas que mon camarade avait déjà critiqué ce film, ça m'apprendra à ne pas lire Shangols. Malgré son texte virulent, je le trouve encore au-dessous de la vérité : Southland Tales est l'archétype du ratage complet. Sans doute parce qu'on lui a trop dit que Donnie Darko était génial, Kelly se croit devenu THE réalisateur contemporain ultime, et livre un objet boursouflé, mégalo, prétentieux et crâneur comme c'est pas possible. Même l'amateur de science-fiction prophétique (dont je ne suis décidément pas) ne pourra que ricaner devant ces sentences bibliques insérées dans une trame de collégien, devant ces tentatives conceptuelles et pop qui ne servent qu'à masquer le vide du discours, devant le sérieux papal de l'ensemble qu'on essaye de nous faire passer pour une farce. Kelly confond tout, la politique et la Bible, la SF et la guerre en Irak, le terrorisme et l'activisme féministe. D'une inculture crasse, d'une bêtise qui confine à la débilité, son film accumule les clichés, tout en désactivant son idiotie sous des airs de rigolade huitième degré. Ce n'est jamais surprenant, juste un grand n'importe quoi qui traite son spectateur de haut, un cinéma enfermé dans sa tour d'ivoire et qui joue à être maudit faute de mieux. Ca et là apparaissent encore quelques bribes de mise en scène (c'est par exemple assez bien monté, assez bien cadré), mais tellement noyées sous la fatuité du propos qu'on finit par s'en foutre. On dirait Austin Power dans Matrix, ou Jean-Claude Van Damme dans le Da Vinci Code, au mieux. Au bout des 2h20 (...), on se demande si Kelly n'a pas voulu tout simplement se saborder lui-même, genre complexe du bon cinéaste qui atteint trop vite la gloire. Sinon, vraiment, je ne vois pas le pourquoi d'un tel navet, qui pense visiblement que Lynch n'est pas allé assez loin. On ne peut que souhaiter que les producteurs mettent un bon coup de pied au cul à Kelly pour s'être pris pour un génie, le fassent retourner à sa table de travail et arrêter de regarder ses chevilles gonfler. Ca semble chose faite, puisque Southland Tales n'a presque pas été distribué, et que Kelly semble être revenu à plus de modestie avec The Box.   (Gols - 01/12/09)

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