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Toujours la même classe dans cette immense petite série qui prend ses quartiers dans les années soixante. Si Don Draper semble repartir de bon pied avec la naissance de son troisième enfant et le rabibochement avec sa femme, cette paix conjugale va, au fil des épisodes, s'effilocher avant de littéralement voler en éclat, alors même que l'Amérique entière est en état de choc avec la mort de Kennedy (un épisode douze très sombre réalisé par un Barbet Schroeder inspiré). Parallèlement, l'agence de pub Sterling Cooper rachetée par les Anglais en début de saison va connaître de profondes turbulences. Don, assommé sentimentalement par le départ de sa femme (la mort de Kennedy ou la fin d'une idylle et des illusions entre le gouvernement et son peuple... mouais, y'a de cela), ne se laisse tout de même jamais complètement abattre professionnellement, comme s'il en allait de sa survie : une réaction purement instinctive comme pour tenter d'échapper, à jamais, au spectre de la pauvreté de son enfance. Un personnage en tout cas de plus en plus attachant dans ses félures et sa capacité, malgré tout, à aller de l'avant. La relation de Don avec Mister Hilton évoque également en quelque sorte la fin d'une période dorée - tout va pour le mieux au départ, les rapports personnels et professionnels étant intimement mêlés - où l'on respectait son associé en affaires : Don, un peu tendre sur ce coup-là, va se rendre compte que tous les coups sont permis et que dans la tourmente - économique - l'homme d'affaires peut s'avérer un véritable loup pour l'homme de pub. D'autres personnages prennent de l'étoffe, notamment la chtite Peggy qui refuse de plus en plus de se faire croquer toute crue par ce monde masculin - mais il y a encore bien du chemin - ou ce directeur artistique (Mister Salvatore Romano) qui permet d'évoquer, également, le très long chemin qui reste à parcourir pour que l'homosexualité ne soit pas considérée comme une véritable "tare", socialement parlant... Le petit discours de Don à ce sujet transpire toute l'hypocrisie d'une époque où tout est permis tant que cela reste entre quatre murs (comme la séance mi-euphorique mi-pathétique avec les drogues douces). Sans véritable coups d'éclat toutes les cinq secondes - j'adore d'ailleurs tous ces plans qui s'étirent gratuitement, dans la "langueur", sans point d'orgue -, cette troisième saison tient toutes ses promesses dans la peinture d'une société où son indépendance se gagne en ne comptant que sur soi-même mais également à force de compromis (savoir être prêt à tout, parfois, pour satisfaire le client), d'une société, aussi, en creux, profondément dépressive (consommation record d'alcool et de cigarettes), malgré les parties de jambes en l'air qui ne font guère long-feu...   

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