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Si vous êtes en grand manque de ski mais que vous êtes devenu bêtement unijambiste, voilà un film que je vous conseillerai les yeux fermés. Sinon, faut avouer que la vie d'un skieur, même joué par Redford, c'est quand même beaucoup de neige qui fond au soleil... On voit bien que Redford se complaît à nous rendre son personnage de petit génie du ski ultra antipathique du début à la fin. Bien que faisant parti de l'équipe des Etats-Unis, le gars la joue cavalier seul et emmerde généralement son entourage. Il est doué et vous conchie; dans la vie privée, c'est pareil : il drague, tombe la première blondasse qu'il croise (Camilla Sparv!! Ah, suédoise, me dit-on dans le creux de l'oreille), devient même presque accro, mais ne supporte point que l'autre l'ignore ou lui parle d'elle-même. Bref, un petit con de cow-boy skieur - son retour dans son bled est d'ailleurs ultra pathétique : ses liens avec son père sont aussi tendus que ceux entre Sego et Peillon, et à part tirer la chtite gonzesse mimi du coin dans la voiture de papa (quand c'est fait, il ne l'écoute plus - affreux), il n'a plus aucune attache avec sa terre natale -, une vraie tête à claques quoi... à qui on est prêt à tout pardonner quand la victoire est au rendez-vous. Belle critique en creux de l'état d'esprit ricain et du culte de la victoire... Seulement, en dehors de cet aspect gentiment pointé du doigt et de bien belles images de descente de ski avec caméra embarquée (cela a foutu des courants d'air partout dans la baraque:  par ce froid, c'est suicidaire), l'ensemble manque quand même un peu d'épaisseur. C'est finalement un peu à l'image de l'interview des sportifs par une gonzesse qui n'y connaît rien : il n'y a pas grand-chose à dire de la vie d'un sportif (ses entraînements, ouais, la compète, oui, la drague facile de la fan, bien et...?), et le scénar est lui-même guère passionnant, pour ne pas dire terriblement répétitif... Gene Hackman en entraîneur de l'équipe ricaine est en plus franchement sous-employé. Si on se marre à découvrir les fringues que portaient nos parents (on voit bien qu'à l'époque, la plus grande taille c'était L - pour XL faudra attendre une génération... Hum) et même si, finalement, ce petit côté vintage (le couple Redford/Sparv, le bling-bling d'époque) aurait presque du charme, le film manque d'un poil de grip, comme on dit. Une boule de neige et demie pour le côté un peu poil à gratter du personnage de Redford.   

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