h_4_ill_1202243_storyofjen_bis

Intriguant et diablement bien filmé, Story of Jen laisse tout de même terriblement sur sa faim tant Rotger, à trop vouloir laisser planer de mystères sur ses personnages, finit par nous les rendre trop vaporeux. (Ben oui, on se plaint tantôt parce que c'est trop démonstratif, d'autres fois parce que c'est trop lâche et mène nulle part, bref on n'est jamais contents quoi... Mais si mais si). L'histoire donc d'une jeune femme (Marina Hands) et de sa fille, Jen, qu'elle a eue à l'âge de 15 ans. Plus de père, qui s'est suicidé à peine un mois auparavant en laissant un sympathique message : "Fuck you" (ça met à l'aise). Elles sont rejointes dans leur baraque en lisière d'un parc national canadien par le demi-frère du pater, Ian, un type ultra taciturne qui lorgne tout de même sur la chtite, toujours mineure. Cette dernière s'épanouit peu à peu au contact d'une amie de bahut un peu plus âgée et dévergondée et tombe, presque malgré elle, amoureuse du Ian... Ce dernier croquera tout cru sa proie avant de disparaître "into the wild"... L'atmosphère un peu planante de ces personnages qui flottent dans leur existence plus qu'ils ne semblent la vivre (le trio notamment, constamment dans les limbes : Que recherche ce demi-frère en venant s'installer ici ? Est-ce que la mère encaisse vraiment cette tragédie ? A quel saint la fille peut se vouer ?) donne un charme évident à ce film en dehors des sentiers battus... Seul petit problème peut-être lorsqu'au bout d'une heure, on se rend compte qu'on n'en sait guère plus sur eux - leur passé, leur blessure intime, leurs attentes - et le film de partir un peu à la dérive en nous faisant suivre les traces de ce Ian qui se perd dans les bois... On accepte volontiers l'aura de mystère qui entoure chacun des personnages, mais à force de trop leur tourner autour, de ne point nous livrer certaines clés, Rotger ne parvient guère à nous rendre son histoire vraiment touchante. On suit ces trajectoires en restant constamment sur le qui-vive, en savourant même ces images un peu cartes postales et ces "beaux individus" un peu perdus au milieu de nulle part mais on reste souvent à quai. Intéressant, certes, mais déroutant au point qu'on se demande où Rotger aurait bien voulu nous emmener... Un beau voyage un peu frustrant. 

story_of_jen_1