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Un petit film japonais pour vous remonter le moral ? Ouais, ben pas celui-là alors. Ce n'est pas vraiment le genre de film où perce un quelconque espoir : malgré la sensualité évidente qui se dégage de ces corps féminins filmés au plus près, le final est d'une noirceur terrible. Une cité nipponne et, vivant entre quatre murs, d'une part, une femme qui trompe, la journée, son mari et, d'autre part, un adolescent qui ne semble point vivre son éveil à la sexualité avec aisance... Ce dernier épie celle-ci, à travers son télescope, à la moindre occase, et finira par lui rendre une petite visite qu'on ne pourrait pas franchement qualifier de purement amicale...

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Une femme jouit dans les bras de son amant qui porte en lui les stigmates de la bombe atomique. L'époque où ils faisaient l'amour sous le portrait de Staline en rêvant d'agir pour la paix semble bien révolue. Si les dialogues font craindre au départ un triste remake d'Hiroshima mon Amour (Tu m'aimes? Oui, je t'aimerai toujours; certainement, toujours, oui, je t'aimerai - ok je brode), l'histoire va prendre peu à peu, sous l'influence d'une musique particulièrement crispante, un tour beaucoup plus amer : malgré leurs ébats lascifs qui donnent dans la journée un peu de piment, la femme semble tourner en rond comme un rat mort, regrettant plus que jamais de ne pas avoir d'enfants... Que son mari soit triste à mourir c'est une chose, mais quand, en plus, son amant décrète que le temps de leur passion est loin derrière eux, il y a de quoi avoir l'impression de recevoir un vrai coup de massue sur la tête : peu d'échappatoire dans ce piège de ciment et ce n'est pas le suicide de la voisine, vaincue par la solitude, qui va rebooster le moral à notre femme désemparée... et le pire guette...

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De son côté l'ado passe ses journées à réviser pour des examens qu'il foire les uns après les autres. Faut dire aussi qu'il passe pas mal de temps à éplucher des revues porno occidentales et que cela commence à lui taper sur les nerfs. Entre sa jeune soeur croquante qui fait sa gym dans un short indécent et ses parents qui baisent en loucedé le soir venu, notre ado commence à perdre un peu les pédales. Si la frustration de la mère au foyer, sans enfant, est terrible, la sienne semble dix fois plus énorme : son impuissance à agir, enfermé du matin au soir dans cette cage, va "se muer" en véritable impuissance sexuelle et sa soeur puis la voisine d'en face, qui titillent sa pupille, vont en faire les frais... Scènes de drame ordinaire en cité bétonnée, les années soixante vues par l'oeil de Wakamatsu ne respirent pas vraiment le bonheur à l'état pur. Atmosphère anxiogène pour nippons sous tension (un sentiment amplifié par ces plans rapprochés qui collent littéralement à la peau des personnages et par ceux en légère plongée sur ces êtres enfermés). Un constat brut et brutal.