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Hein ? Non absolument rien à voir avec la vague de suicide à France Telecom, puisqu'on est à Belgrade en 1967. Pas facile de vraiment décrire tous les "fils" de l'histoire - le fait que l'héroïne travaille comme standardiste étant en soi une belle métaphore de la structure du film; une histoire d'amour dramatique filmée avec la liberté de la Nouvelle Vague, mêlée (Godard n'est pas loin) à des images d'événements de l'époque - défilés, démantèlement d'une église par les Communistes... - et entrelardée d'interviews (du Resnais avant l'heure) d'un criminologiste, d'un sexologue ou d'un biologiste (on voit pas toujours le rapport avec la choucroute mais on devine que le concept embrasse plus ou moins ingénieusement réalité et fiction). Cette affaire de coeur entre une standardiste hongroise et un Musulman (la "mixité", le mélange des genres est vraiment à tous les niveaux), dératiseur à ses heures (on aura même un cours d'histoire sur l'invasion des rats en Europe - c'est cool), est bien joliment racontée : le premier rendez-vous est un peu tendu mais la Hongroise rompt rapidement la glace. Makavejev nous fait entrevoir toute l'intimité de ce couple, et ma foi on ne se plaint guère vu la plastique impeccable et la sensualité de l'héroïne. Son amant est peut-être un peu trop casanier à son goût, mais elle ne se plaint point tant qu'ils font l'amour, mangent des plats qui mettent l'eau à la bouche et profitent de l'installation d'une toute nouvelle douche. Nous, on a bien compris, dès le départ (on a retrouvé le cadavre de la Hongroise au fond d'un puits), qu'il y aura un drame, mais on se demande bien comment celui-ci va survenir. Ce sera en fait une nouvelle fois à cause d'un lien, ou plutôt d'une liaison, dans laquelle l'héroïne va se prendre les pieds... Son compagnon absent pour un mois, notre amie peu farouche va se laisser tenter par un jeune dragueur à son taff - les conséquences de cette aventure seront, de fil en aiguille, tragiques. Comme on a un peu de mal à voir dans cette oeuvre formellement originale ce que Makavejev voudrait "démontrer" (les spécialistes ne nous apprenant notamment po grand chose), on finit par se dire qu'il cherche sûrement plus à nous montrer (en captant l'air du temps) qu'à nous démontrer quoi que ce soit. On demeure qui plus est toujours charmé par la belle fluidité de ses plans qu'il semblent proprement volés à ses personnages. Un cinéaste que nos amis de Criterion nous permettent de (re)découvrir, definitely.

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