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Après un générique mêlant lourdement du pseudo Morricone et un soupçon du thème de James Bond, on se demande si on n'est pas en bon droit de s'attendre au pire. Malheureusement, ce dernier est juste au coin du bois. Dès le départ, les décors sentent le sapin - ou les invendus d'Ikea Japon -, comme si Gosha avait loué un studio pour l'aprème, et on se dit vaille que vaille qu'on va quand même tenter de s'accrocher à l'histoire. Catastrophe, c'est du Nikita bis : en gros, une gonzesse censée être morte en place publique (mais c'est une leurre, voyez) est engagée par un type de l'ombre pour régler des problèmes ultra sensibles (son père faisait le même taff, elle est en terrain connu); on est alors embarqué dans un histoire improbable d'une cordelette (à l'image de l'épaisseur du film...) qui renferme un document qui mouillerait un clan super puissant. On se tape très rapidement de l'intrigue et des personnages qui passent, assistant à moult combats aussi poussifs qu'une Smart en côte; il y a des monceaux de cadavres à chaque séquence et le duel se resserre entre deux gonzesses qui sortent tout juste de la manucure : Nikita/Ocho et une méchante maquillée comme Kimera (les jeunes peuvent pas comprendre); celle-ci, entre deux séquences, nous sert, face caméra, dans un décors nu, des intermèdes pathétiques : Nikita fait du GRS et Kimera se dandine comme une James Bond girl de Raon-L'Etape sous un éclairage multicolore de salle des fêtes... On en croit à peine nos yeux, on se dit, tiens dans les années 70, pourquoi pas, on faisait n'importe quoi, mais là en 86... Enfin même, c'est de la daube intemporelle. Gosha s'amuse aussi parfois à nous montrer le sein de ses actrices de façon purement gratuite, mais cela nous tire plus des larmes de douleur que des sourires coquins. On a beau chercher dans tous les coins, on ne voit pas vraiment ce qu'il y aurait à sauver (les effets spéciaux à deux boules : le plancher qui se sépare avec une rigole d'eau au milieu (j'en ris encore), la cage qui tombe du plafond... on se croirait dans un sketch fauché...; les acteurs mauvais comme des cochons : la palme revient à l'inspecteur qui imite Pierre Richard dans Le Grand Blond en pensant sûrement que c'est du premier degré!); quand le générique de fin arrive, sur un "ouf" de soulagement du spectateur effaré, on nous sert une ultime chanson d'un Barzotti nippon intitulée sobrement Against the Wind et la lecture des paroles, qui feraient passer Scorpion pour un mouvement philosophique, finit de nous achever. Devait pas venir souvent sur le plateau, Hideo, ou juste pour pointer... A enterrer à l'ombre de la mort, ouais, ou juste à côté.   

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