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Bien failli finir dans le même état qu'Isabelle Huppert (pas tout à fait mort, nan, mais terriblement alangui...) alors que défilait le générique de fin. L'Indochine : ses moustiques qui filent la dengue, ses colons qui le sont tout autant et traitent l'autochtone comme du bétail, ses bureaucrates de l'administration fraaannnçaise qui viennent toujours marcher sur tes plate-bandes, ses Chinois qui te boufferaient la soupe sur la tête... - on a droit sans aucun problème à notre lot de couleur locale, avec une recherche de la "belle image" et de la belle lumière qui est tout de même un peu glaçant - agaçant. Panh se concentre surtout sur les rapports de haine et d'amour au sein de cette famille dans la dèche : Isabelle Huppert toute épuisée, prête à vendre sa fille pour sortir la tête de l'eau - salée - (Astrid Berges-Fresbey - ça s'en va et ça revient : Jane March II, le retour - joli minois...) et en adoration devant sa brutasse de fils (Gaspard Ulliel qui a fait de la muscu depuis Les Egarés, diable! - oui, vous remarquerez que sur le fond, j'ai po grand chose à dire non plus...). Ce trio n'est guère plus sain que l'air qu'il respire, le seul problème étant sûrement, pour le spectateur, que dès la première séquence, on devine tout de leur personnage; leur portrait psychologique ne sera en effet guère étayé dans les quatre-vingt dix écrasantes minutes qui suivent. Huppert se liquéfie a vue d'oeil et parle à sa fille comme à un taon, Gaspard joue les fiers à bras et pis c'est tout, Astrid se peint de plus en plus les lèvres mais c'est bien la seule épaisseur qu'elle donne à son personnage... Bref, je me suis ennuyé, non pas que l'ensemble ne soit pas soigné - c'est propre, oui -, simplement guère passionnant et sans véritable style (bien moins dévastateur, en tout cas, que S-21, dans un autre genre, certes...). Qui vivra, Duras.    

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