zift

Récompensé dans une dizaine de festivals, Zift est un film tellement vain et vide (et soigné visuellement - enfin genre "image noir et blanc chic et choc") qu'on pourrait presque finir par croire que Javor Gardev est un pseudo bulgare de Luc Besson. Annoncé fièrement sur l'affiche comme un mixte de l'univers de Quentin Tarantino et de Guy Ritchie, on voit bien ce qu'il a essayé de pomper à l'un (des anecdotes à deux balles mais jamais drôles) ou à l'autre (une intrigue alambiquée à partir d'une sombre histoire de diamant disparu menée sur un "rythme de folie" - genre plus de plans en une minute que dans un film en entier de Rivette et des effets sonores dopés à la coke), mais le résultat est tout bonnement abrutissant. De la violence gratuite (torturer un gars pendant vingt minutes avant de l'empoisonner pour le faire avouer : vain car vingt minutes de perdues), de la nudité gratuite (la course poursuite dans le spa pour gonzesses !), du sexe gratuit et "ras des pâquerettes" (un accouplement monté en parallèle avec celui d'une mante religieuse, ouaahhhh, microcosmique comme idée!) et une morale très très douteuse : les femmes, c'est toutes des garces - ouais, nan, on reste dans du premier degré, moi aussi je pensais au début qu'on était dans le délire, mais cela se prend finalement terriblement au sérieux... (On a quand même un gag, avouons-le qui atteint des niveaux patricksebastienbigaresques inégalés avec le type qui fait des flammes çacomme en pétant : la grande grande classe; je mange plus de yaourt, c'est décidé). On sent bien que, techniquement, notre ami bulgare ne manque pas de moyens pour faire de l'épate et c'est bien en cela, finalement, que le résultat est le plus consternant. Un futur poulain de l'Est récupéré par l'écurie Europacorp ? On peut prendre les paris si vous voulez...       

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