La Journée de la Jupe (2008) de Jean-Paul Lilienfeld
Lilienfeld décide de traiter de la difficulté d'éduquer nos sauvageons de banlieue et livre un film au scénario taillé à la serpe. Certes, il s'agit du grand retour d'Isabelle Adjani (le 6ème au moins mais là, après minimum cinquante ans d'absence - et elle les fait, enfin) en prof de français qui "coule une bielle". Dès le départ, vu les pauvres dialogues de nos jeunes (on pensait qu'ils avaient 50 mots de vocabulaire, en fait ils en ont plus que douze, et onze sont des insultes), on se dit que le Jean-Paul ne va pas vraiment faire dans la nuance. On ne se trompe point, la première impression dans un téléfilm est souvent la bonne. Adjani tente de faire travailler cette bande de petits branleurs sur Le Bourgeois Gentilhomme, mais ces derniers "s'en battent les couilles", une expression qu'ils répètent à l'envi - on devine qu'ils doivent les avoir particulièrement endolories chaque soir que Dieu fait. Comme elle est obligée de faire un peu la police, elle surprend deux gamins en train de traficoter. Elle se saisit de leur sac et là, oups, un flingue tombe. Se sentant ultra menacée par un jeune black super vénère, elle s'en saisit, lui flingue la cuisse et braque tout le monde. Fini de rigoler, Molière se marre.
Par la suite, on se rendra compte qu'il n'y a que sous la menace qu'on peut aujourd'hui se faire comprendre : Adjani avec son flingue peut enfin parler de respect et faire son cours à la coule, l'un des élèves qui s'est saisi du flingue peut parler d'abus et de violence, l'une des élèves qui s'est saisie du flingue (ah oui, le flingue valse...) peut enfin faire son petit topo sur le machisme, on s'attend presque que Clint Eastwood, époque Inspecteur Harry, se pointe et sous la menace de son flingue leur fasse à tous la morale... Voilà pour l'huis-clos. Autour cela s'agite; grosso modo, sous la houlette de la Ministre de l'Intérieur toute coincée, il y a deux flics : l'un interprété par Denis Podalydès, le gentil négociateur, l'autre interprété par Yann Collette, le méchant bourrin (ouais, vu le physique de chacun, c'était risqué comme pari - je déconne, c'est un téléfilm)... On regarde cela d'un oeil morne, savourant les énormes ficelles scénaristiques. Quand Lilienfeld tente en plus de faire des "figures de style" - Adjani est toute étourdie, faisons tourner autour d'elle la caméra; Podalydès impose ses conditions au téléphone, filmons-le en ultra contre-plongée... -, on rigole mais cela reste encore regardable jusqu'au quinze dernières minutes où on assiste à un festival de mauvaises idées dans le fond et dans la forme. Le personnage joué par une Adjani au discours réac est en fait d'origine musulmane (ouaaaahhh, quelle finesse : il y a du refoulement dans l'air...), les nappes musicales qui surgissent tout d'un coup pour faire monter l'émotion, les plans sur les pieds qui courent dans tous les sens pour "symboliser" la panique, le dernier plan pour nous enfoncer le titre dans la tronche avec un maillet... Pouah dur, les coutures craquent terriblement - ça taille, je sais... Morale (?!): po facile le métier de prof, faudrait-il distribuer à tous les profs des tasers pour qu'on les respecte enfin (et des mini tasers aux filles pour qu'on leur parle mieux, pardon, meilleur - et aussi aux garçons po costauds...)? Pas sûr que cela fasse terriblement avancer le schmilblick... Plutôt une affreuse impression de recul...
Commentaires sur La Journée de la Jupe (2008) de Jean-Paul Lilienfeld
- Politiquement incorrectOuh là, désolé si je vous ai choqué avec cette expression populaire employé sur le ton de la plaisanterie (mais il s'agit sûrement de racisme passif comme vous le soulignez), je vois que, décidément, le premier degré est de mise (je n'ose savoir ce que vous pensez du dernier OSS 117)- mea culpa.

Je ne suis qu'un prof "de gauche" qui enseigne à Shanghai donc, contrairement à vous, je ne suis pas dans la même situation. Que vous ayez adoré ce film, c'est votre droit, mais j'aimerais justement bien savoir ce qu'un tel film apporte vraiment comme réflexion sur l'enseignement en zep? Voilà pour le fond (et je le dis, croyez moi, en toute sincérité). Au niveau de la forme, je continue à penser que le scénario use de très grosses ficelles et que la mise en scène de Lilienfeld n'est pas d'une grande finesse. Mais passons.
En espérant franchement que vous n'hésiterez point à répondre et à pardonner ce coupable écart de langage (mais promis, aucun racisme, même latent) - Marre, un peu...Mais pourquoi, pourquoi, pourquoi, à chaque fois qu'un de nos lecteurs n'est pas d'accord avec nous, pourquoi décrète-t-il aussitôt que nous donnons des leçons, que nous nous sentons supérieurs, que nous méprisons les avis contraires, etc. ? Pourquoi ? La critique est faite pour être discutée, Prof. Ne vous sous-estimez pas : dites-nous plutôt pourquoi vous aimez ce film, et laissez Shang dire pourquoi il ne l'aime pas. Non ? N'attaquez pas aussi petitement mon éminent camarade (qui livre d'ailleurs, ce me semble, une critique construite de ce qu'il n'aime pas dans La Journée de la Jupe, exemples à l'appui).

NOUS NE DONNONS PAS DE LECON A QUICONQUE : nous nous exprimons, acte qui semble de plus en plus difficile si on en juge les réactions indignées des gens qui ont une opinion contraire à la nôtre.
Quant à l'accusation de racisme, non, Prof, vraiment, vraiment, très franchement, je ne crois pas que Shang puisse en être taxé. Alcoolo comme un Polonais, oui, mais raciste, non. - "manger en juif" suiteUne expression populaire employée sur le ton de la plaisanterie?

Je suis sur que vous êtes le premier à huer Hortefeux pour ses écarts ( et je hue avec vous) mais vous, vous avez le droit d'employer ce genre d'expression?
OSS 117 est drôle et même si je sais qu'à part vous tout le monde semble débile, figurez vous que je n'y ai vu aucune trace de racisme.
Comme le dit Lilienfeld dans son film: "Si je dis"c'est un travail d'arabe", vous trouvez ça bien?"
Et bien votre plaisanterie (au passage, une plaisanterie, c'est quand c'est drôle pas quand c'est employé pour exprimer simplement la radinerie) relève exactement de la même démarche.
Moi je me demande bien ce qu'en tant qu'enseignant à Shanghai, vous connaissez aux ZEP, aux difficultés des élèves et des enseignants qui s'y trouvent. Donc la première partie de votre billet s'en trouve disqualifiée.
Parce que moi qui vit ça tout les jours, j'ai retrouvé justement les exactes sensations de mon quotidien. Pas tout ce qui est dans le film en même temps bien sur, mais depuis 12 ans que j'enseigne j'ai du être confronté de près ou de loin à toutes les situations évoquées, y compris l'arme dans le cartable (l'eastpack exactement).
Je ne vois pas ou sont les grosses ficelles.
Je vois au contraire une fiction très nuancée, ou il n'y a ni bons ni méchants mais des impuissances agglomérées. je trouve que le mérite de ce film est de les montrer sans angélisme pour aucun bord et sans haine pour personne.
Il est de bon ton de choisir un camp et de n'attribuer à l'autre que des torts.
Ce film, enfin!!!, ne fait pas cela.
Quant à sa forme, je la trouve excellente car au service d'un propos que je viens d'évoquer, elle réussit à nous happer émotionnellement plutôt que de nous infliger une leçon.
Encore une fois, les prix récoltés par ce film montrent que nous sommes un certain nombre à ne pas partager votre analyse.
Mais il est des "intelligents" qui ne supportent pas les évidences. Comment briller si tout le monde comprend? Comment montrer qu'on est tellement plus intelligent et subtil si personne n'a besoin de nous pour faire l'interface avec l'œuvre? Alors faute de pouvoir contester le fond qui les fait enrager, ils contestent la forme qui relève par définition du subjectif.
Que le bas peuple ait plébiscité ce film, que les festivals de différents pays l'aient récompensé pour son interprétation, son scénario, sa réalisation n'est que quantité négligeable.
Les intelligents ne se font pas avoir aussi facilement. Les intelligents voient, eux, les "grosses ficelles". Les intelligents parlent pour le peuple qui est bien trop bête pour comprendre ce qui est bon pour lui.
Et puis ensuite, ils vont manger des fraises Tagada en juif, en attendant de retrouver ces terreurs de fils d'expats... - AmalgamePour ce qui est de l'expression, je me suis excusé platement de l'avoir employé, ne me faites pas ce procès (je ne suis pas Ministre de l'Intérieur, cela dit, mais c'est léger, ok). Excusez-moi aussi, au passage, de vous reprendre, mais je n'enseigne point à des "terreurs de fils d'expats" mais uniquement à des Chinois - les a priori ont la vie dure pour les profs à l'étranger. Je vous rassure tout de même ce ne sont point des terreurs. Enfin, je ne me considère pas plus "intelligent" que qui ce soit, je donne simplement mon avis subjectif sur ce film - en argumentant si possible (sur la forme, oui, et sur le fond); qu'il fut ou non un succès populaire, qu'il ait reçu ou non des prix, je ne vois pas en quoi cela influencerait forcément mon opinion (Laissez-moi la liberté de penser que Bienvenue chez les Ch'tis ou Séraphine ne sont pas forcément des chefs-d'oeuvre)

Mais revenons au film et à ce que vous en dites, que je respecte tout à fait: vous écrivez "Il est de bon ton de choisir un camp et de n'attribuer à l'autre que des torts. Ce film, enfin!!!, ne fait pas cela." D'où ma conclusion: en quoi ce film qui part tout de même d'une situation extrême (l'instit braquant ses élèves avant que ceux-ci se braquent entre eux, avouez que c'est pas tous les jours, même dans vos cours) fait avancer les choses? Faut-il enseigner sous la menace (Adjani), ne peut-on se faire comprendre qu'avec une arme (Adjani et les deux autres élèves?), n'y a-t-il point une autre alternative dans notre système éducatif? Je parlais de discours reac (et j'insiste) car cela justifierait finalement l'envoi de flics dans les écoles pour tenir les élèves "en respect".
"Quant à sa forme, je la trouve excellente car au service d'un propos que je viens d'évoquer, elle réussit à nous happer émotionnellement plutôt que de nous infliger une leçon." Cette volonté de faire absolument monter l'émotion à la fin (po ému, vous l'êtes, chacun ses goûts) avec des procédés formels ultra basiques (c'est mon avis, vous avez le vôtre) permet d'ailleurs au réalisateur de botter en touche toutes véritables réflexions sur les problèmes de fond.
Voilà mon avis, mais je reste totalement ouvert à la discussion, sans agressivité; enfin il y aurait sûrement une petite distinction à faire entre votre expérience personnelle et la valeur de ce film (ce n'est pas parce que je vis en Chine que tout film sur la Chine que je trouve bon l'est forcément... Aucune pédanterie de ma part, soyez en assuré)
PS: Il n'y a pas de bonbons Haribo en Chine, cela dit, pour tout vous avouer, c'était juste (avec la suite de l'expression que je regrette d'avoir employé à la vue de votre accusation (ma faute)), pour souligner un petit coup de mou "en solitaire" (aucune radinerie...). Encore toutes mes confuses. Je ne bois plus comme un polonais, non plus, préparant le marathon tout seul, en... salle. - Reponse à marre un peuPauvre chou... marre un peu... bien sur que vous donnez des leçons. Ce billet suinte la condescendance.

Une critique construite?
En rien.
Relisez Jean-Louis Bory, vous aurez des exemples de critiques construites.
Ici, on affirme: "grosses ficelles". Lesquelles?
"On ne fait pas dans la nuance". Pourquoi?
Ou est la construction? Ici?
"il s'agit du grand retour d'Isabelle Adjani (le 6ème au moins mais là, après minimum cinquante ans d'absence -" Encore de l'humour me direz vous... Et vous dites que c'est moi qui attaque petitement?
Ou alors la?
"Dès le départ, vu les pauvres dialogues de nos jeunes (on pensait qu'ils avaient 50 mots de vocabulaire, en fait ils en ont plus que douze, et onze sont des insultes), on se dit que le Jean-Paul ne va pas vraiment faire dans la nuance."
C'est quand même à mourir de rire. Un expat qui a à faire à des fils d'expats nous explique que le ton est dès le départ outré alors qu'il n'a aucune idée de ce qui se passe en ZEP et moi qui y suis tous les jours, je retrouve dans ce début l'ambiance exacte de nos couloirs. De quelle construction s'agit-il en dehors d'une construction de l'esprit?
Ici?
"Par la suite, on se rendra compte qu'il n'y a que sous la menace qu'on peut aujourd'hui se faire comprendre : Adjani avec son flingue peut enfin parler de respect et faire son cours à la coule, l'un des élèves qui s'est saisi du flingue peut parler d'abus et de violence, l'une des élèves qui s'est saisie du flingue (ah oui, le flingue valse...) peut enfin faire son petit topo sur le machisme,"
Les deux affirmations sont fausses. Ou est la construction?
La fille qui prend le flingue en premier ne parle pas de machisme mais du GIA qui a fait une descente dans le village Algérien ou elle vivait.
Le garçon ensuite ne parle pas d'abus mais veut un avions et des dollars pour que sa famille aille vivre en Australie par peur des représailles.
Alors ou est votre bonne foi?
Ici?
"Le personnage joué par une Adjani au discours réac est en fait d'origine musulmane (ouaaaahhh, quelle finesse : il y a du refoulement dans l'air...)"
Quel discours réac? Moi qui suis de gauche je n'en ai vu aucun. Je trouve très intelligent qu'elle soit Musulmane. Très emblématique du propos: ce n'est pas sa religion qui nous intéresse. C'est sa pensée, ce qu'elle est.
"les nappes musicales qui surgissent tout d'un coup pour faire monter l'émotion, " Dans une critique construite, le critique aurait noté une particularité qui m'a frappée lorsque j'ai vu le film: il n'y a aucune musique avant ces "nappes". c'est extrêmement rare dans un film. Aucune musique avant les dernières minutes. Ça c'est notable dans une critique "construite". Mais souligner l'émotion par de la musique, c'est vraiment mal! D'ailleurs, il n'y a que Lilienfeld et ses grosses ficelles qui qui l'aient jamais fait...
"nous nous exprimons, acte qui semble de plus en plus difficile si on en juge les réactions indignées des gens qui ont une opinion contraire à la nôtre."
Personne ne vous empêche de vous exprimer que je sache. C'est de plus en plus difficile? Pourquoi? Vous prenez dez risques en vivant dangereusement? Revenez à la réalité. Vous dites absolument ce que vous voulez et je répond de même. Ou est la difficulté?
Alors " pourquoi décrète-t-il aussitôt que nous donnons des leçons, que nous nous sentons supérieurs, que nous méprisons les avis contraires, etc. ? Pourquoi ?"
Peut-être parce que c'est ce qui suinte de vos propos. Et si je ne suis pas le seul à le dire, (au point que vous en ayez marre, un peu) c'est peut-être qu'il y a une raison.
Laquelle?
C'est que c'est vrai et que vous engendrez ce genre de réaction. Tout simplement.
Posté par Prof, 15 octobre 2009 à 11:09 - Allons bon(Oui, c'est bon Prof, j'ai réglé le problème des messages en double et en triple (j'avais même effacé votre dernier message que j'ai heureusement récupéré après cette mauvaise manip... oups, la censure est passée prêt, diable!))

(Ah, je sens que cela vous tient à coeur mais, je le répète je ne suis ni expat (mais en contrat local) ni en lycée français (j'enseigne le français à des étudiants et des adultes chinois)- des a priori, tout ça - un peu quand même?
Vous dites que je suis de mauvaise foi mais la fille qui prend le flingue parle bien du machisme et l'élève qui le prend parle bien de la violence physique (il commence d'ailleurs le film avec un oeil au beurre noir (pas de plaisanterie sur l'expression), il sait de quoi il parle) - vous le dites vous-même, il a peur des représailles. Vous êtes dur là quand même de ne pas avouer qu'il n'y a qu'avec un flingue qu'ils peuvent parler de leur problème personnel.
Il y a en effet à la fin du film 2 chansons enchaînées que je trouve pour ma part ultra sirupeuse - si elle vous emeut, tant mieux.
Si vous trouvez que le personnage joué par Adjani n'a pas des propos réac (je ne parle même pas de la jupe, je vais pas faire un listing...), bon, on est vraiment pas d'accord sur le fond.
Non ce n'est pas une impeccable "critique construite" - , j'en conviens, juste un avis avec quelques commentaires, peut-être que certains seront d'accord, d'autres ,comme vous, pas de tout, au moins, cela nous permet d'échanger des points de vue, c'est pas si mal, non? - Marinpeu, le retourEh bien, voilà, Prof, vos commentaires nouveaux nous expliquent ce que vous pensez précisément du film, et c'est beaucoup mieux, dirais-je. Je ne l'ai pas vu, pour ma part, je laisse donc à Shang le soin de répliquer.

Bon, si nos propos suintent la suffisance et le donnage de leçons, c'est bien involontaire ; mais je crois que nous ne changerons pas pour autant : on écrit comme on peut, et c'est vrai que la mauvaise foi rôde bien souvent dans les textes de Shangols. Ca me fait rire pour ma part, et je dirais presque que je trouve ça salutaire... Mouais...
Je suivrai toutefois mon collègue pour douter de la pertinence de l'affirmation "programmé dans les festivals + succès public = qualité". Avouez tout de même que les plus gros succès de ces dernières années ne sont pas que des bons films.
Relisez également le commentaire de Shang : il ne donne pas des cours à des fils d'expat, mais à des Chinois de Chine. Et même s'il n'a sûrement pas votre expérience en matière d'enseignement en ZEP, ça ne peut absolument pas l'empêcher d'avoir un regard sur les films qui en parlent, y compris en trouvant ça caricatural. Ou alors ça le condamne à ne voir que des films réalisés dans son quartier.
Quant à son attaque petite sur Adjani, ça va, y a pas mort d'homme, c'est Adjani quand même, on peut se détendre.
Vive la polémique et l'échange de point de vue. A vous lire, camarade Prof ! - RéacOK, soyons pragmatiques:

Quels sont les propos réacs d'adjani?
La jupe?
Oui c'est un problème pour les filles de se mettre en jupe ( ou même en pantalon moulant) la ou j'enseigne.
C'est une réalité. Elle se font immédiatement une "réputation" et se font "traiter" dès qu'elles le font.
Alors qu'y a-t-il de réac à demander la possibilité de porter une jupe si bon leur semble?
Avant (comme le dit le film) les femmes ont mis longtemps à avoir le droit de porter le pantalon. Aujourd'hui, en Frnce c'est porter une jupe qui pose problème.
Au Soudan, c'est récemment une intellectuelle qui avait osé porter un pantalon qui a été condamnée.
Ou est le réac dans tout ça? Je ne vois pas.
La musique.
Vous ne l'aimez pas. Soit.
Mais n'allez pas taxer de grosses ficelles la pose de musique sur des moments d'émotion ou alors c'est tout les films ou à peu près qu'il faut accuser d'utiliser des grosses ficelles.
Bien sur que la fille parle de machisme et le garçon de violence. Mais pas comme vous le décrivez pour corroborer votre thèse. Elle en parle comme je le décris moi et le garçon aussi par peur des représailles. C'est à dire qu'au lieu d'un premier degré que vous décrivez faussement, il y a dans l'expression de ces deux élèves l'expression d'une réalité que je connais. J'ai plusieurs élèves qui sont venus tout petits au milieu des années 90, leurs parents fuyants le GIA en Algérie. J'ai eu plusieurs élèves d'origine Turque qui sont, comme dans le film, mis au banc parce que pas réellement arabes. C'est une réalité. De même que l'appellation "Oignon" qu'on entend à un moment et que je ne comprenais pas la première fois que que je l'ai entendu dans mes classes. C'est tout simplement parce que les parents Turcs tenant souvent des Kebabs, on impute à leurs enfant une odeur d'oignon dont ils seraient imprégnés.
Et ce sont tous ces petits détails très justes et très subtils qui m'ont également frappés dans le film.
Alors oui ça me tient à cœur parce que si je vous suis, parler de la résurgence du machisme ou la peur des représailles c'est réac. Et moi je trouve au contraire que ce qui est réac, c'est s'abriter derrière des dogmes pour nier une réalité que nous constatons tous dans les quartiers ou nous enseignons.
Si je vous suis, toute fiction utilisant un flingue prône l'utilisation d'une arme comme moyen de se faire respecter.
Moi j'ai vu une fiction qui poussait la tension à l'extrême (ce qui me semble une quamité pour une fiction) allant jusqu'à imaginer ce qui n'est encore jamais arrivé fort heureusement: le pétage de plomb d'un prof. - Marinpeu la revancheBien sur qu'il n'y a pas besoin d'enseigner Zep pour avoir un regard sur les films qui s'y déroulent.

Mais pour juger de la pertinence du ton, si. Il est tout de même important de savoir comment ça se passe "pour de vrai" avant d'affirmer que le ton est caricatural. Tout le post est tourné vers "c'est à la truelle, au bazooka, grosses ficelles, il n'y a aucune finesse: c'est caricatural"
Moi qui connait peu la Chine, je me verrais assez mal placé pour arguer de la pertinence d'une description.
En revanche, connaissant bien les quartiers je vous demande d'où vous voyez que c'est caricatural. Parce que ça ne l'est pas.
Personne ne vous demande de changer de ton. Mais ne vous étonnez pas si vous avez apparemment à répétitions des réactions qui vous reprochent de donner des leçons. Moi ni votre ton, ni ces réactions ne me dérangent. C'est vous qui en avez "marre un peu" et tentez de nous faire croire que la vie est dure parce que vos lecteurs vous font des reproches.
"programmé dans les festivals + succès public = qualité". Avouez tout de même que les plus gros succès de ces dernières années ne sont pas que des bons films.
Exact. Mais pas que des mauvais non plus. D'ailleurs, par curiosité, quels films avez vous aimé dans cette catégorie?
Je disais juste que Berlin qui n'est pas un Festival de gros déconneurs, y avait trouvé un intérêt ce qui est pour moi gage de qualité.
Je disais aussi que lorsque et le public et intelligentsia se retrouvent c'est en général aussi gage de qualité.
Les Chtis que votre camarade citait en exemple n'a pas que je sache été distingué dans plusieurs pays par diverses récompenses.
Cela dit, les chtis m'ont personnellement fait rire car je ne suis pas sectaire et un bon Mac Do peut me faire autant plaisir certains jours qu'un 3* en d'autres occasions.
Et pour Adjani, pas mort d'homme effectivement. Vous me taxiez de "petitement" je vous répondais.
Au revoir camarade. - Plus marre du toutDans les succès+festivals récents (en 2009), beaucoup aimé Inglourious Basterds, Les beaux Gosses, Gran Torino, et assez Whatever Works. Pas d'élitisme ici : si vous voyagez un peu dans notre site, vous verrez que nos goûts sont totalement indépendants du succès public, dans les deux sens d'ailleurs. MacDo (appelons ça comme ça) et cuisine raffinée ont tous les deux droit d'opinion sur ce blog, en attestent ma passion pour les films d'horreur les plus "premier degré", pour Spielberg aussi, ou pour le cinéma de divertissement ricain des années 50, aussi bien que pour Weerasetakul ou Straub ; en atteste le goût de Shang pour les films noirs (archétype du cinéma d'entertainment) ou pour Borzage, aussi bien que pour HHH.

Ouais, ok, j'en ai pas si marre que ça de voir des réactions révoltées de nos lecteurs, c'est même ça qui est intéressant. Je voulais dire que je ne perçois pas ce ton hautain que vous nous attribuez. Encore une fois, il est involontaire, et n'est représentatif que de notre passion, parfois exagérée, à défendre ou descendre les films. C'est que ça m'étonne de voir les gens réagir si "épidermiquement", parfois, au lieu de prendre le temps d'argumenter.
Vous, vous avez argumenté, ce qui est tout à votre gloire.
Faudra quand même que je vois cette jupe, ça m'intrigue, vos débats... - PugnaceBon, Prof, ne pouvant pas décemment vous inviter à faire 10000 km pour pouvoir parler plus en détail du film, je tenterai de simplifier ici du mieux possible ma pensée: ce que je trouve avant tout "reac", c'est qu'Adjani comme les deux autres élèves ne peuvent s'exprimer (sur la difficulté d'enseigner, sur le machisme, sur la violence - problèmes qui existent, évidemment) qu'en menaçant directement leur auditoire avec un flingue: comme si leur public (nos "sauvageons") ne pouvait finalement les écouter et les respecter qu'en faisant usage de méthodes ultra répressives. Voilà ce qui me gêne et ce sur quoi j'attendais que vous me donniez votre pensée.

Il y a, en passant, à mes yeux, un peu plus de "finesse" (tous les personnages ont une personnalité et un langage qui leur est propre - sans parler de la mise en scène) dans des films comme l'Esquive ou Entre les Murs (qui a fait débat d'ailleurs). Voilà sans chercher la polémique à l'infini. - Ma conclusionEntre les murs ou la bonne conscience de ceux qui se veulent bien pensants.

Entre les murs rassure dans les salons et hérisse dans les salles de profs de Zep.
Tout simplement parce que c'est une pure foutaise en termes de réalisme.
Quand à la mise en scène d'entre les murs... Ennuyeuse!
On dirait que les films Français doivent être lents et bavards pour plaire aux plus pointus.
Par parenthèse, les beaux gosses est un succès public mais n'a récolté aucun prix. Normal, c'est une comédie et les comédies, c'est sale. Donc pas de prix.
Puisque vous aimez Gran Torino, vous ne vous indignez pas de la présence d'armes dans ce film? Comme si ces chinois ne pouvaient comprendre que la force...
Et maintenant que vous m'y faites pensez, la fin des deux films n'est pas si éloignée par une rédemption commune.
Ce que je crois moi et qui m'agace beaucoup c'est que la journée de la jupe étant un film français, il est de bon temps de s'indigner, de prêter à Lilienfeld des intentions réacs parce qu'il y a un flingue. Ce film serait anglais ou américain, vous auriez réagi tout autrement.
Ne faites pas semblant de croire que ce film veut dire qu'il n'y a que la force pour communiquer avec les élèves de ZEP. Ce film est une fiction et par sa construction et son filmage, il emporte le spectateur.
Et ne reprochez pas à Lilienfeld de ne pas apporter de solutions. Il est le seul à avoir osé poser le problème tel qu'il est, contrairement à Entre les murs ou l'Esquive, qui peuvent peut-être témoigner d'une expérience pilote mais certainement pas de notre quotidien.
Et d'ailleurs, ces deux films n'apportent aucune solution non plus. Ils se contentent de poétiser la réalité, permettant ainsi aux bien pensants de dormir tranquille.







Quand on se veut garant de l'anti réac, on évite ce genre d'expression raciste (comme il est très bien dit dans la journéee de la jupe).
Moi j'ai vu ce film et je l'ai adoré.
Mais il est vrai que je ne suis pas un intello qui mange ses fraises tagada "en juif" en expliquant aux autres pourquoi la journée de la jupe pue.
Je ne suis qu'un prof "de gauche"(je tiens à le préciser) qui enseigne en ZEP.
Donc contrairement à vous, je n'y connais rien...
Comme le festival de Berlin qui a sélectionné le film.
Comme celui de Banff qui lui a remis son grand prix.
Comme celui de Rome qui lui a remis le prix du meilleurs scénario
et j'en passe...
Heureusement que vous vous êtes la pour remettre de l'ordre avec vos expressions racistes.