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Nous sommes en 1943 et chacun se doit de contribuer à l'effort de guerre. Borzage met la main à la pâte et tente de faire ce qu'il peut avec ce scénar terriblement pauvre mais bourré de bons sentiments (patriotiques). Il prend trois petits gars, en partance pour le Vieux Continent, qui symbolisent à eux seuls tous les chtits gars d'un Etat (Dakota, California, Tex(as)), il les met pendant trois jours au Stage Door Canteen à New York pour leur filer des souvenirs pleins la tête (du spectacle, de la déconnade, de la prière, des chansons pour péter du Boche et du Jap et surtout... des petites pépées volontaires) et l'entertaining "American Way of Life" fait montre de toute sa séduction. Entre deux séquences de discute et de flirt qui volent pas haut, on a droit à l'apparition d'une guest star vintage (de Johnny Weissmuler à la plonge qui montre ses pectoraux de façon purement gratuite à Harpo Marx qui tente de faire le clown (mouais) en passant tout de même par une Katharine Hepburn sérieuse comme un Pape qui se lance dans un discours patriotique de folaille (le monde meilleur, c'est le nôtre, c'est clair, vu les gars en face) ou à une chanson (de l'orchestre de Count Basie à la blonde chanteuse de charme en passant par du violon (l'Ave Maria de Schubert, bon Dieu! et le Vol du Bourdon de Rimsky-Korsakov fusil!)). Le bazar dure quand même plus de deux heures mais on s'accroche jusqu'au bout pour espérer voir une petite lueur borzagienne percer au milieu de cette douce propagande. Allez, pour être gentil, on est presque récompensé vers la fin avec une scène ultra romantique "au septième ciel"...

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Nos trois gars sont un peu empotés, c'est normal, ils sont tout jeunots et quand ils entrent dans ce fameux Stage Door Canteen où les stars jouent aux serveurs et aux cuisiniers et où les jeunes filles papillonnent, ils ont une banane extraordinaire (tout le monde sourit de toute façon, est super poli et courtois, en attendant la boucherie). Les règles sont vachement strictes - interdit de tripoter la fille ou de lui filer rencart en dehors (bwof, po drôle) - et ils apprennent à se contenter d'une danse voire même exceptionnellement... argh... d'un baiser (c'est le tout premier de notre gars et il est à deux doigts de s'évanouir). Il y a une donzelle qui finira tout de même par déroger à la règle - la fameuse scène finale sur les toits gentiment poétique et doucereuse - et se retrouvera dans les bras de son amant, toute la nuit - on dirait presque au petit jour un décor de Trauner, hum... Ils s'emballent quand même un peu car dès le lendemain ils veulent se marier : heureusement le type part en urgence pour la guerre - tout est bien qui finit bien... Il y a quand même pas grand-chose à se mettre sous la dent dans ce petit film de saison si ce n'est peut-être les deux courts passages où on glorifie des Russes (qui ont cassé du Boche) et des Chinois (qui luttent vaillamment contre l'ennemi Jap) de passage, tout surpris de se retrouver dans ce barnum. Trois ans plus tard, ils deviendront les ennemis de tout un peuple mais ça, personne ne peut encore le deviner : pour l'instant c'est encore la franche camaraderie internationale (...), l'ennemi commun faisant l'union... (Oui, rien à voir avec le fait que ce soient aussi des êtres humains, nan, rien). Un petit tour de piste (aux étoiles) avant de se faire dézinguer en Normandie, c'est de bonne guerre comme on dit chez nous.

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à l'aborzage ! clique