21 septembre 2009

Liliom (1930) de Frank Borzage

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Si l'image de la version DVD est d'une rare beauté pour une oeuvre de cette époque, le film est, lui, malheureusement, terriblement mou, affecté, soporifique. Grosse déception donc que la découverte de cette version borzagienne de Liliom qui manque cruellement de rythme, de punch, de passion. Si le couple phare interprété par l'immense - surtout par la taille - Charles Farrell et la fragile Rose Hobart tente d'incarner leur rôle avec une douceur toute sentimentale, la mise en scène ultra théâtrale (dans le mauvais sens du terme, genre ultra poussive) est franchement une horreur tenant le spectateur à 3 millions d'années lumière de cette histoire d'amour : il y a au moins dix secondes entre chaque réplique, réplique souvent simplement ânonnée comme si l'on parlait à des enfants débiles; quant aux trois décors du film (la fête foraine, l'appart de Julie, la sortie de l'usine), ils sont tellement dépouillés qu'ils ont autant de relief qu'une boîte en carton. Ca se veut peut-être aussi simple qu'une histoire d'amour éternelle mais cette adaptation est malheureusement plate comme une limande... Même la séquence leitmotiv de Borzage du gars mourant sur son lit est à se bidonner - Farrell s'est planté un couteau dans le coeur et dans un dernier soupir commence à raconter toute sa vie : la pauvre Rose est à deux doigts de s'endormir, comme nous. Quant à l'ultime preuve d'amour de Julie qui regrette son branle-manette de Liliom en prononçant à sa fille ces quelques mots "c'est possible d'être battue, battue, battue sans que cela fasse mal...", on se dit que c'est une conception de la femme un poil rabaissant... hum.

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On espère au bout d'une heure que la partie onirique sera un peu moins con-con mais on fait rapidement grise mine lorsque l'on découvre ces pauvres maquettes de trains qui filent à travers les nuages. C'est gentillet comme un dessin d'enfant mais faudrait quand même pas trop nous prendre pour des buses... Liliom se rend compte que dans "le train de la mort" tout le monde est à égalité (bravo), il y a même un black à côté d'un militaire, c'est vous dire si cela est hétérogène. Belle prestance dans ces décors de pacotille de H.B. Warner en "magistrat" du bazar qui explique à un Liliom un peu abruti qu'il est bel et bien mort et que s'il veut revenir vlcsnap_81391un jour sur terre faudrait peut-être qu'il se concentre un peu. L'ange Gabriel est joué par mon ancien prof d'ancien français, et le pauvre est toujours aussi ridicule. Le train qui amène Liliom aux enfers sur cette petite musique électronique vintage a bien des airs futuristes plutôt rigolos mais, enfin, comme on en est à son trente-troisième bâillement, notre attention est loin d'être totalement au rendez-vous. Un couple mythique dans une mise en scène plastique, pas au sens d'art plastique mais plutôt comme dans l'expression "cuvette en plastique", tant les acteurs jouent tout du long "à l'arrêt". J'aime beaucoup les films de studio, attention, mais ici on écoute le ''moteur" et le "cut" à chaque scène tellement l'ensemble paraît totalement emprunté. Bref, terrible déception disais-je, d'autant que les Borzage de ces années-là sont de vraies tueries, pour parler jeune. Je ne suis point non plus un grand fan de la version de Lang, mais j'en garde tout de même un bien meilleur souvenir.    

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à l'aborzage ! clique

Posté par Shangols à 05:06 - - Commentaires [0] - Rétroliens [0] - Permalien [#]


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