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Une éternelle histoire de vengeance (ni 7 ni 47 mais 11 gaziers motivés, rien à avoir avec l'Equipe de France de foot pourtant...) réalisée une nouvelle fois avec une parfaite maîtrise par Eiichi Kudo. On démarre au quart de tour avec un petit chef de clan, Nariatsu (mais comme c'est l'un des fils du Shogun, il se la pète grave) qui n'hésite pas à traverser la frontière de son territoire pour chasser le cerf. Il rate l'animal mais pas le serf (sous vos applaudissements) qui s'est mis au travers de sa route (le vieil homme bondissait moins, c'était plus facile...) Pas de bol, le seigneur du territoire d'Oshi passe juste à ce moment-là et fait gentiment la morale à ce couillon de Nariatsu : on ne tire pas des flèches, comme cela, même contre un paysan... Nariatsu, vexé, lui envoie une flèche en plein dans l'oeil! Les hommes du seigneur d'Oshi sont verts, demandent justice auprès des autorités qui... couvrent totalement le fils du Shogun... Damn it. Le chambellan d'Oshi décide de monter une opération secrète, avec à sa tête un certain Hayato, pour trucider ce petit con de Lord.

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En dix minutes, les bases du récit sont posées, l'équipe vengeresse est pratiquement constituée et on se dit que comme il reste plus d'une heure de film, ils vont sûrement pas y arriver du premier coup. Et c'est clair, les bougres jouent de malchance, leur plan préparé aux petits oignons est toujours annulé à la dernière seconde et on ronge, comme eux, un peu notre frein : les gars s'apprêtent à chaque fois à mourir et on leur accorde même pas le droit de faire une petite tentative... On regrette de ne pas profiter de ces occasions toujours avortées pour rentrer un peu plus dans l'intimité de tous les personnages : on arrive facilement à identifier un genre de sabreur fou qui veut à tout prix se faire un seigneur car "ils sont tous pourris" (un communiste de toute évidence, faut po croire que Kudo ignore l'actualité...) mais on se focalise généralement sur Hayato. Cela nous donne d'ailleurs plusieurs séquences magnifiques entre lui et sa douce filmée à deux millimètres - magnifique gros plan sur le visage, le sourire, les mains... du Godard presque... - et une scène déchirante, la chtite se faisant hara-kiri pour que son homme puisse se dévouer corps et âme à sa mission - le sens du sacrifice et le jap, imbattable...

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On patiente donc jusqu'à l'attaque finale et faut reconnaître que le dernier quart d'heure est un régal : au niveau de l'action (11 contre 50, au moins 324 morts, c'est surprenant au niveau de l'arithmétique certes mais diablement impressionnant) mais aussi visuellement; ce n'est plus de la pluie qui tombe, ni des cordes mais de véritables sabres : le terrain déjà marécageux devient tout boueux et ce combat à la vie à la mort prend des allures infernales. En plus, au bout d'un moment, Kudo fait péter le brouillard et on rentre dans une sorte de quatrième dimension du pugilat. Même si on ne sait plus toujours qui est qui - heureusement les ennemis n'ont pas des shorts de couleur différente mais des chapeaux ronds facilement identifiables -, on se doute que le Lord va bien finir à un moment ou un autre par mordre la poussière. Les onze guerriers se doivent de finir leur devoir, ils ne rentreront pas de toute façon ensuite à la maison (aime beaucoup, au passage, ceux qui prennent sur eux des boules de poudre et rament comme des malades pour atteindre le brasier et se faire exploser - dommages collatéraux assurés). Kudo fait décidément du très beau boulot, dommage que cette maestria finale et ce petit grain de folie ne courent pas tout du long de cette oeuvre splendide mais parfois un peu sage - mais c'est vraiment pour faire la fine bouche. 

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