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Diane Kurys et Danièle Thompson la même semaine, Gols pleure et conchie Shang en Chine. Oui, bon, à la recherche d'une comédie française sans prétention, j'ai testé ce que j'avais sous la main. Bon c'est en effet sans prétention... Le grand problème ces derniers temps avec les soi-disant comédies françaises, c'est la fâcheuse tendance à vouloir combler l'ineptie et l'absence de tempo des dialogues en ajoutant du rythme au niveau du montage; genre, putain ça fuse à trois mille à l'heure dis donc! Non seulement, cela ne parvient pas à l'effet escompté (c'est juste tape à l'oeil et gavant) mais surtout cela multiplie par mille les chances de faux raccords. Et là, on est servi. Une fois sur deux, on se demande si la scripte, le monteur, le caméraman voire toute l'équipe ne seraient pas tout d'un coup partis en vacances, vu l'absence de continuité entre les plans. Cela devient presque un jeu - rooh la main sur le visage qui pfiutt a disparu, rooh l'écart entre les personnages qui n'est plus du tout le même, rooh l'effet avec l'arbre à droite puis à gauche de l'écran pour faire un raccord à deux balles... un festival; Thompson, en grande forme, tente même carrément le zapping sonore et visuel en passant lors de l'apéro juste trois secondes d'un petit groupe à l'autre, rendant cette fois la plupart des dialogues totalement inintelligibles (super virtuose mais vide...)- ce doit être voulu car les discussions, de toute façon, tout le monde apparemment s'en fout un peu et nous avec. Sur le fond, il est également question de faux raccords (parfaite adéquation, rien à dire) entre la fille qui veut plus parler à son père, la maîtresse de maison qui a eu un amant, le maître de maison qui prend une maîtresse, la femme du collègue de la maîtresse de maison qui a une liaison..., bref quasiment tout le monde est cocu, il s'agit bien d'une "comédie" française. Danièle Thompson fait particulièrement dans la dentelle non seulement au niveau des sentiments (je t'aime, t'aime plus, t'aimerai pour toujours, blablabla) mais surtout au niveau du sentimentalisme forcené : il est tout de même question de cancer (le foudroyant et le guérissable), d'hémiplégie ou encore d'autisme, et si avec ça la comédie n'est po douce-amère, franchement que demande le peuple! - Au départ, un lépreux était aussi prévu au casting mais il n'y en avait pas sous la main au moment du tournage... Au niveau des acteurs, je dois reconnaître que Karin Viard fait toujours preuve de peps et sait gentiment abuser pour notre plaisir de son petit sourire pincé - par respect pour leur mémoire, on oubliera sinon le rock endiablé et pathétique entre Patrick Chesnais et Arditi, merci. Le code de la porte avait changé, j'aurais mieux fait de rester totalement en dehors de ce repas rance - Bruel en tout cas s'en fout, lui, il se marre...